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Qui veut faire un « no man’s zone » les frontières maliennes avec l’Algérie et la Mauritanie?

Les Attentats terroristes sur les frontières du Mali se multiplient depuis la montée en puissance de l’armée malienne contre les groupes terroristes et sa pacification de plusieurs régions du pays. La carte des activités criminelles, montre clairement que ses attentats visent de plus en plus les frontières avec l’Algérie et la Mauritanie. Les deux ultimes ultime accès de ce pays qui – depuis le départ forcés de l’armée française- fait face avec un fermeté granitique à un des pires sièges économiques politiques et médiatiques
MF

Par | A. Zakarya


Soumis à un véritable siège économiques, financier, politique et médiatique, le Mali fait face à des pressions d’une rareté absolue. Depuis le départ forcé des troupes française, les relations entre les deux pays se sont profondément détériorées.

Nonobstant, le blocus, le pays qui n’a pas d’accès sur la mer a pu trouver des accès via la Mauritanie et l’Algérie, qui n’ont jamais fermé leurs frontières aux échanges économiques et commerciaux, malgré la situation sécuritaire.

Après avoir reconquis son rang de premier producteur mondial de coton cette année, le Mali est parvenu à un accord avec Nouakchott pour acheminer sa production vers l’étranger notamment, la Chine et l’Inde, ce qui semble ne pas être au goût de certains.

Cet accord salutaire pour le pays qui dépend largement des revenus de la culture du coton risque d’être compromis en raison des pressions exercées sur la Mauritanie. Pire encore, depuis quelques semaines, les commerçants mauritaniens sont devenus des cibles privilégiées des groupes armées activant sur les frontières entre les deux pays. plusieurs d’entre eux sont morts ou blessés.

Les autorités maliennes ont considéré ces crimes odieux qui étrangement coïncident avec le regain des activité commerciales et économique entre les deux pays, comme une manière de compromettre les tentatives du Mali de s’ouvrir au reste du monde.

Ces attentats contre les biens et les personnes sur les frontières mauritano-malienne, ont largement été relayés par les médias insinuant l’implication de l’armée malienne dans ces crimes.

Suite à cette compagne, les autorités maliennes ont pris la semaine dernière, une position radicale, en ordonnant la suspension jusqu’à nouvel ordre, de la diffusion des deux chaînes publiques d’influence française RFI et France 24 au Mali.

Les autorités maliennes reprochent à RFI et France24 « la diffusion de fausses allégations d’exactions commises par les FAMA, (Forces Armées Maliennes) ». Radios et télévisions nationales, ainsi que sites d’information et journaux maliens, ont également été interdits de rediffuser et/ou publier des émissions et articles de presse de RFI et de France24.

C’est la première fois que des médias étrangers sont interdits dans le pays. RFI a diffusé un reportage le 14 et 15 mars mettant en cause les Fama et des supposés mercenaires russes de Wagner.

Ces activités criminelles rappellent également le terrorisme d’Etat commis par les forces du roi marocain Mohamed VI qui ont assassiné trois commerçants algériens aux frontières entre La Mauritanie, l’Algérie et le Sahara Occidental, sous prétexte que les victimes avaient franchi une zone de guerre.

Pour rappel depuis l’agression de l’Otan contre la Libye, les frontières entre les pays de l’Afrique du Nord et du Sahel ne pas servent pas uniquement à séparer ses pays, mais elle sont devenues également, les zones idéales pour les mouvements armés qui déstabilisent la régions ainsi que les réseaux de crime transnational des traites d’humains, des armes et de la drogue.

Pour la CEDEAO il n’est pas question pour la Mali de contourner l’embargo.

Visiblement la divergence des visions entre le gouvernement provisoire du Mali et la CEADEO, soutenue par la France profonde. Alors que les autorités maliennes mettent en avant la complexité de la situation dans le pays qui exige des réformes et un consensus national, La CEDEO s’accroche à sa position en faisant de la tenue des élections une fin en soi.  


Choguel Kokalla Maïga 

Le médiateur de la CEDEAO, M.  Jonathan Goodluck est finalement sorti bredouille de Bamako, après une autre tentative auprès du gouvernement malien qui avec une fermeté granitique rejette tout ingérence par procuration dans la gestion de la crise qui sécuritaire et politique du pays. Sc’est du moins ce qui ressort du communiqué rendu public par le porte-parole du gouvernement malien, le colonel Abdoulaye Maiga.

« Le gouvernement de la République du Mali regrette cette absence de compromis à ce stade pour une Transition dont l’objectif est de poser les jalons de la refondation du Mali, puis de mettre en place un nouvel ordre constitutionnel, gage de paix, de stabilité durable et de bonne gouvernance », a indiqué le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement.

Le colonel Abdoulaye Maïga expliqué avec regret que « manifestement la CEDEAO n’a toujours pas suffisamment pris en compte la complexité des enjeux auxquels le Mali est confronté et les aspirations profondes de son peuple déterminé à prendre son destin en mains ».

Pour rappelle La représentation de la CEDEAO exerce depuis des mois des pressions pour imposer un chronogramme de 12 à 16 mois pour la tenue des élections, alors que plusieurs régions du pays vit encore dans une profonde instabilité et absence de l’Etat. Pour Bamako cette proposition de la CEDEAO est essentiellement électoraliste et ne prend pas en compte les aspirations légitimes de réformes politiques et institutionnelles exprimées par le peuple malien.

Le gouvernement malien a pourtant dans une volonté de maintenir le dialogue a soumis un chronogramme révisé comprenant des actions relatives aux réformes politiques et institutionnelles, ainsi que des actions détaillées relatives aux élections avec un délai de trente-six (36) mois, puis 29, mois.

Le Colonel Assimi Goïta a, par la suite, dans un effort ultime visant à parvenir à un compromis salutaire pour le Mali et la CEDEAO, a fini par le ramener à 24 mois, mais le médiateur de la Cédéao Goodluck Jonathan est resté campé sur l’échéance de 12 mois.  

Pour Bamako, -la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la CEDEAO et le Mali, la suspension des transactions commerciales entre les pays de la CEDEAO et le Mali, le gel des avoirs de la République du Mali dans les banques centrales de la CEDEAO, le gel des avoirs de l’Etat malien et des entreprises publiques et parapubliques dans les banques commerciales des pays de la CEDEAO-, ne sont fondées sur aucun texte communautaire.

Concernant l’UEMOA, un embargo décidé par les Chefs d’Etat et de Gouvernement, applicable à un Etat souverain constitue une violation manifeste du Traité de l’UMOA et des statuts de la BCEAO, protestent les autorités maliennes qui précisent en outre, que le gel des avoirs d’un Etat, des entreprises publiques et parapubliques ne saurait être appliqué par la Banque centrale qui reste un organe indépendant auquel chaque Etat membre a concédé son droit souverain d’émission.

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