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Sur les traces du soudanais Hmedti: qui est l’ancien cuisinier de Poutine qui veut marcher sur le Kremlin?

Yevgeny Prigozhin est-il en train de faire, en coordination avec les forces de l’armée russe, une purge au sein d’une troisième force traîtres ? Sergueï Choïgou le ministre de la défense russe cherche-t-il vraiment à se débarrasser de de Prigozhin ? Y avait-il un tiers qui aurait bombardé Wagner ? s’agit-il d’une diversion du chef de Kremlin, ou une lutte pour le pouvoir ? les voies du

Par | Ahmed Zakaria


De toutes les façons, les sorties théâtrales répétitives à travers lesquelles Yevgeny Prigozhin fustigeait les hautes autorités militaires russes étaient des signes avant–coureurs d’un dérapage qui devait un jour ou l’autre, se produire. Cette rébellion -c’est ainsi qu’elle est qualifiée par Moscou– est le coup le plus dur que la Russie ait accusé, depuis le début de la guerre en Ukraine, et la première rébellion armée depuis celle de 1917

S’agit-il d’une tentative de coup d’Etat contre Poutine ? une diversion du maître du kremlin dont le héros est son ancien « chef cuisinier »? ou bien Prigozhin a-t-il pris le chemin du chef de guerre soudanais Hamdeti, cédant à son tour, aux  « propositions » des occidentaux ?

Tous les scénarios sont à prendre au sérieux. Ce qui est sûr c’est que Yevgeny a atteint un point de non-retour, en prenant un sentier de guerre contre son ami de longue date. Parfaitement dans le ton de l’époque qui plébiscite sans gêne, les opportunistes de son genre.   

Le dernier coup d’éclat avant ce dérapage que tout le monde qualifie de fatale pour Prigozhin, a commencé hier lorsque le chef de Wagner a accusé la « direction militaire » d’avoir bombardé le camp Wagner PMC. Des déclarations pertinentes ont circulé sur les réseaux sociaux associés à l’homme d’affaires. Le ministère de la Défense a déclaré que cette information infondée. Pendant toutes la nuit une confusion totale régnait sur les réseaux sociaux, pour la plupart annonçant le chaos certain, jusqu’à l’entrée en scène de Vladimir Poutine via une intervention télévisé.

Vladimir Poutine qui a qualifié l’acte du patron de Wagner de « coup de poignard dans le dos »  a promis un châtiment adéquat, appelant les soldats du groupe Wagner à l’extrême vigilance, tout en mettant en garde : « Celui qui a organisé, préparé la rébellion militaire et qui a levé les armes contre ses frères d’armes, a trahi la Russie ». Le président russe a juré d’écraser, ce qu’il explicitement appelé, une mutinerie.

A peine une heure plus tard, Moscou déclenche le plan anti-terroriste encercle le siège de la société Wagner et dépêche le vice-ministre de la défense discuter avec Yevgeny Prigozhin. Dans le contexte des déclarations extravagantes du chef du PMC Wagner, les autorités des régions de Rostov, Voronej, Lipetsk, Koursk, annoncent également la mise en œuvre de mesures antiterroristes, dans certaines régions et annulent tout événement de masse et Le premier jour de la semaine est déclaré fériés.

Pendant que le patron de Wagner continuait à durcir sa rhétorique contre le commandement militaire de son pays, Sergueï Narychkine, directeur du Service de renseignement extérieur (SVR) de Russie a commenté les événements entourant le PMC de Wagner et son fondateur, contre lesquels une affaire « pénale a été engagée pour avoir organisé une rébellion armée » : « les ambitions personnelles exorbitantes et l’aveuglement politique, le manque de scrupules et le désir égoïste de régler des comptes » entraînaient toujours « des conséquences irréparables et terribles » ajoutant : « Une tentative de secouer la société russe et « d’allumer le feu d’une guerre civile fratricide » a échoué.

Sur les traces du chef de guerre soudanais Hamedti, Le cuisinier de Poutine veut gouverner la première puissance nucléaire mondiale…

On aurait pu dire que le destin de Pregozhin est atypique si son assenions fulgurante ne ressemblait pas à celle de Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemdti, le chef du groupe paramilitaire soudanais qui a déclaré la guerre contre l’armée régulière de son pays le Soudan. La seule différence est que le premier était commerçant chamelier au fin fond de l’un des pays les plus pauvres de la planète, tandis que l’autre, était un vendeur de Hot-dogs dans les rue de Leningrad avant d’ouvrir un restaurant gastronomique que fréquentait Vladimir Poutine.  

Né en 1961 dans ce qui était alors Leningrad. Prigozhin a dès son adolescence   été arrêté et puni pour vol – le premier d’une série de crimes de plus en plus graves, notamment le vol à main armée et le trafic de mineurs, qui l’ont conduit à purger un peu plus de 10 ans en prison. Il en sortira en 1990, alors que l’Union soviétique est au bord de l’effondrement.

Avant d’ouvrir une chaine de restaurants gastronomiques en 1995, Prigozhin a commencé par vendre des hot-dog. A l’époque le pays était complètement effondré et livré par la CIA aux oligarchies, disant pas très « orthodoxe ».  

Ouvrir des restaurants, dont le célèbre, Concord Catering basé à Saint-Pétersbourg où l’on peut servir des nouveaux riches post URSS, est la meilleure manière de créer un réseau et répudier à jamais la vie de misère. L’environnement économique de la Russie post-communiste, ouvrait tous les champs du possible.

Personne ne sait pas quand la relation de Prigozhin avec Poutine s’était développée pour la première fois, bien qu’en tant qu’entrepreneur connu à Saint-Pétersbourg, il aurait très probablement croisé la route de Poutine, dont la carrière politique a commencé au bureau du maire de la ville dans les années 1990. Agent du KGB, l’actuel chef de Kremlin n’aurait pas pu trouver meilleur informateur qu’un propriétaire d’une chaîne de restaurants de luxe, fréquenté par les nouveaux riches et les nouveaux fonctionnaires de l’ère corrompue et décadente de Gorbatchev.   

En tout cas Il a fini par décrocher des contrats de restauration pour le Kremlin et d’autres élites russes, ce qui lui a valu le surnom de « chef de Poutine« .

D’ailleurs, en 2006, lorsque le président américain George W. Bush et sa femme Laura, se sont rendus à SaintPétersbourg, ont été servis par Prigozhin lors d’un dîner organisé par Poutine.

Prigozhin était régulièrement favorisé pour les gros contrats gouvernementaux. Par exemple, en 2012, il a remporté plus de 10,5 milliards de roubles (200 millions de livres sterling) de contrats pour fournir de la nourriture aux écoles de Moscou. Cependant, malgré les richesses que l’industrie alimentaire lui a apportées, en 2014, il décide d’élargir son empire en investissant dans un secteur en vogue à l’époque, et extrêmement lucratif, le militaire privé.

Malgré l’ampleur qu’à pris cette entreprise de guerre, tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il lui est impossible de vaincre l’armada russe et puis en tant de menaces étrangère les russes sont comme les algériens. ils détestent les traîtres. selon plusieurs medias certains de ses membres, ont déjà rendu leurs armes aux autorités militaires russes. Néanmoins, les troubles que cause cette mutinerie pourrait ouvrir une brèche pour Kiev et ses soutiens occidentaux. D’ailleurs, les médias occidentaux qui, longtemps accusaient Wagner de crime de guerre, ce dernier s’est vite transformé en défenseur de la démocratie en Russie pour certains d’entre eux.

Alors que le ministère des Affaires étrangères met en garde l’Occident contre l’utilisation de la situation Medvedev admet « la participation d’experts étrangers à une tentative de rébellion« 

« Nous mettons en garde les pays occidentaux contre toute allusion à l’utilisation possible de la situation intérieure russe pour atteindre leurs objectifs russophobes. De telles tentatives sont futiles et ne trouveront de réponse ni en Russie ni parmi les forces politiques saines d’esprit à l’étranger », indique un message du ministère des affaires étrangères.

Connu pour ses sortie fracassantes et belliqueuses le vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie Dimitri Medvedev est allé encore plus. Accusant le chef de Wagner de « faire le jeu des ennemis », Medvedev a déclaré que « des spécialistes étrangers peuvent participer à une tentative d’organisation d’une rébellion militaire », écrit RIA Novosti

Dans un communiqué officiel, la Maison Blanche a déclaré, que Biden avait discuté aujourd’hui avec son homologue français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Rishi Sunak et le chancelier allemand Olaf Scholz, des développements en Russie, et ils ont également réaffirmé leur soutien continu à l’Ukraine.

L’union européenne a affirmé que ce qui se passe en Russie est une affaire interne, alors qu’une source américaine a confirmé au Wall Street Journal que Washington retarderait l’imposition de nouvelles sanctions à Wagner pour ne pas donner l’impression de se ranger du côté du président russe Vladimir Poutine.

Plus tard en fin d’après-midi, le chef de la compagnie militaire privée, a annoncé que ses forces avaient cessé d’avancer vers Moscou, soulignant qu’elles avaient fait demi-tour et repartaient désormais dans la direction opposée. cette décision et le resultats d’une discussion avec le président de Biélorussie. Son bureau de presse du président de la République de Biélorussie a confirmé acceptation de la proposition du président Alexandre Loukachenko d’arrêter le mouvement des militants du groupe en Russie et de poursuivre les mesures pour apaiser les tensions.

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