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L’article 102, un autre coup de bluff

Le point de vue de Mohamed Arroudj
C’est dans ce contexte de montée en puissance du mouvement qu’une nouvelle fois, le pouvoir algérien sort, par l’intermédiaire de sa composante la plus emblématique, un énième coup de bluff. L’objectif étant le même, gagner du temps et in fine, sauver le système. On nous propose l’activation de l’article 102 de la constitution dans le but de destituer Bouteflika pour des raisons inhérentes à son incapacité à gouverner.
On lâche l’homme pour sauver le système.

Aussitôt dit, les médias du pouvoir et du privé dans leur quasi-totalité passaient en boucle le discours du Général Gaid Salah et nous gavaient de débats orientés où tout le monde allait de ses louanges et de ses encensements pour nous présenter cela comme la solution idoine et tout indiquée pour mettre un terme à la crise. Non, sans s’empêcher de nous faire peur en affirmant gravement que la crise s’accentuait et que des dangers menaçaient la sécurité du pays.

Mais ce qu’ils feignent de cacher c’est que toutes les transitions qui pouvaient en découler se dérouleraient sous la houlette des caciques du système mille fois vomis par les masses populaires en lutte.
La rue exige un changement de système, une nouvelle république qui va garantir à chaque citoyen ses droits fondamentaux (droit à une vie digne, droit à toutes les libertés).
Le régime en place ne peut pas offrir au peuple ce dont il l’a toujours privé.
Comme les précédentes ruses, cette autre entourloupe n’a qu’un seul objectif, ouvrir une brèche dans la mobilisation. Une brèche qu’il s’attellera à élargir, par l’intermédiaire de ses médias, de ses nombreux valets et de sa clientèle qui a participé au pillage du pays (dont une partie essaie, aujourd’hui, de surfer sur le mouvement pour tenter de se refaire une virginité). Ils s’agitent déjà sur les réseaux sociaux et dans les médias acquis au pouvoir.
Même son de cloche de l’autre côté de la Méditerranée. On tente de nous vendre la même marchandise avariée.
La pression sera forte sur le mouvement révolutionnaire et ses animateurs. Beaucoup de ceux qui nous proposent ici ou là des noms, nous proposeront une participation à une éventuelle élection présidentielle. Ils nous parleront d’une transition, mais si transition il y a, nous la voulons émanant du peuple pas du pouvoir qui n’a d’autre but que de se maintenir.
La rue ne cesse de gronder; elle rejette massivement cette dernière proposition et prépare déjà les manifestations du vendredi pour montrer qu’elle ne se laissera pas duper aussi facilement.
Maintenant, il est temps que la rue fasse des propositions claires pour concrétiser la rupture et je pense que seule une assemblée constituante souveraine élue à la proportionnelle intégrale (pour permettre à tous les courants politiques d’être représentés) est à même de nous garantir des perspectives nouvelles.
Mohamed Arroudj
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