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Le peuple, le système et ses bourgeois du chaos fécond

Par: Ferhat Ait Ali

« Il est peut être temps d’arrêter le délire chez certains et la tromperie chez d’autres. Quand on n’a pas pu perturber les plans d’un pouvoir transitionnel sans assise juridique durant un an. On ne discute pas en victorieux d’une offensive imaginaire, avec un président reconnu par le monde entier sauf par ceux qui sont dans le déni d’une défaite annoncée d’avance et inscrite dans les gènes même d’un mouvement kidnappé au berceau.

S’il n’était pas question d’un pays, et de ses enfants en entier, on serait tous tentés de continuer à jouer au théâtre d’ombre avec des acteurs nuisibles derrière le rideau et des applaudisseurs naïfs ou futiles dans une salle se remplissant le vendredi et accessoirement le mardi, comme dans une sorte de thérapie de groupe pour exorciser 57 ans de léthargie pour certains.

Certains en sont encore a tenter de vendre une sorte de cocaïne euphorisante manifestement plus efficace que la vraie poudre, en promettant d’aller « négocier » le retrait du système je ne sais au profit de qui ?, de la même manière qu’il a été question à un moment donné pour certains populiste de promettre d’aller récupérer les « Clés » de la maison Algérie chez les tenants du pouvoir, comme s’il s’agissait d’un garage en  fin de bail de location.

Entre la reddition que ne manqueront pas de faire en catimini les artisans de ce Waterloo politique pour sauvegarder leurs petits avantages et leur existence pseudo politique envers et contre le peuple, et l’entêtement auquel ils invitent en public les jeunes surtout pour maintenir la pression nécessaire à la négociation de leur sortie à eux et pas au peuple. La réalité, et la sortie adéquate pour le pays, Hirakiste ou non, est dans le dialogue constructif, ou la fermeté des positions sur les impératifs de changements démocratiques réels, doit s’allier à la souplesse d’esprit dans la recherches des mécanismes consensuels de ces changement qui servent toutes les parties constructives du pays, pouvoir inclus. Les farfelus, les inutiles et les agitateurs peuvent continuer à vivre dans leur bulle, et même l’afficher en grand dans tout espace qui leur parait porteur, tant que cela n’est pas mélangé de tentations de chaos ou d’agressivité gratuite, dont ils n’ont pas les moyens au demeurant.

Pour le reste du peuple, la garantie de la liberté d’expression, de circulation, d’opinion et de positionnement sur tous les dossiers litigieux, est tributaire de l’usage qu’on en fait, et des hommes et femmes capables de les porter en toutes circonstances sans faire le décompte des alliés et des ennemis, avant d’être porté par l’effet de foule. Et le président constitutionnellement élu, et je le répète élu, ne fera aucune concession concernant ce postulat, ni élections anticipées, ni encore moins remise des clés à d’illustres inconnus, ni même à d’illustres connus pour leur esprit tortueux et ambitions tordues.

Il devra faire en sorte que la majorité effective des citoyens, se sente vivre dans son pays, avec des droits effectifs, une justice juste, et un état qui sert tout le monde dans le cadre de la loi et d’une constitution qui sera éclaircie sur tous les points sombres et litigieux qui auront fait le lit des dérives passées. L’état doit être réformé de fond en comble, et non pas démantelé ou transmis comme un colis de mains qui en ont fait mauvais usage dans le passé, vers d’autres qui ressemblent à s’y méprendre à certaines de ces mains là, quelque soient les gants portés pour le cacher.

Accuser ceux qui ont depuis le premier jour de dérive du Hirak, averti contre ses dérives et son caractère erratique sous la conduite cachée de parties spécialisées dans le complot et l’agit-prop, est non seulement faux, mais ne sert à rien, à part continuer par le culot ce qui n’a pas marché par le faux semblant. Reconnaître que le mouvement a été détourné dans tous les sens sauf le bon, au point de faire la moitié du travail du pouvoir en place, consciemment ou inconsciemment, en lui permettant d’avoir toujours un coup d’avance, et d’être dans l’action en suscitant la réaction, serait un bon début, pour comprendre les arcanes de la politique.

Ceci dit, entre les projections des cercles de pouvoir, qui ont elles même été erratiques à un moment donné, et même été prise en charge par des parties très dangereuses pour l’avenir du pays, avant d’être recadrées en cours de route vers des horizons plus raisonnables et plus logiques. Et les projections diverses, de toutes les forces qui se sont incrustées dans le hirak de gré ou de force, pour y distiller divers agendas les uns plus dangereux que les autres, certains étant même directement connectés sur d’autres plans tous prêts ailleurs pour cramer la baraque Algérie et ses occupants.

Considérer que le résultat actuel est irrecevable en l’état, relève soit de la myopie politique soit de la mauvaise foi de celui qui aura foiré un mauvais coup, et qui refuse de l’admettre ! J’avais dit que celui qui croit en le peuple sait que le peuple a toujours été là et sera toujours là en tant que conscience collective, addition de consciences individuelles à interpeller tous les jours au niveau de l’intellect et de la réflexion posée. Et que celui qui croit en sa chance de chevaucher un phénomène de foule mu par le dépit, la colère légitime et la passion, fera tout pour maintenir le phénomène et même le radicaliser, tant qu’il n’est pas lui même servi, quitte à tout faire basculer dans sa crainte de voir sa monture disparaître un jour prochain.

Et nous sommes présentement devant ce cas de figure, ou la foule prend place de peuple, et ou les aventuriers de tous bords, parlent tous au nom d’un peuple dont ils insultent toute partie s’affichant comme ouvertement non perméable à leurs thèses ou intérêts. Espérons toujours qu’une radicalisation suivie d’une répression sera le lieu ou basculeront les équilibres fragiles du pays mené de manière aléatoire durant des décennies, en leur faveur ou celle de leurs sponsors éventuels, même au prix du sang, qui manifestement reste leur dernière chance de continuité comme les vampires qui ne peuvent ni vivre au soleil, ni se passer de sang pour perdurer.

A ceux là, et pas au peuple, je dis Game Over, si le pouvoir a l’intelligence de construire avec les jeunes une nouvelle Algérie vivable pour ses enfants, et à bientôt si le pouvoir n’a pas cette intelligence à l’avenir. Et là, seul Dieu reconnaîtra les siens, et bienvenue à la débandade. Je compte sur le Président de la République, pour construire cet Etat qui tient la route, avec tous les jeunes qui voudront construire, et à l’écart des officines toxiques des deux bords. Une chose est sûre pour moi, en dehors de ceux dont les plans et accointances sont ailleurs, le reste de la classe politicienne ayant chevauché les aspirations du peuple vers le mur, essayera de le maintenir en état de déni , jusqu’à ce que ses plans de réintégration des périphéries du pouvoir, soient réalisés. Ensuite tout le monde verra ce que valent les envolées fumeuses de politicards en recherche de butin. »

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