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Arte Confidentiel ou BHL, l’opium de Kabul et la Captagon de Tripoli

Beaucoup l’auront remarqué; depuis que Le prolifique philosophe milliardaire Bernard Henry Levy est au commande du Conseil de surveillance de la chaîne publique, l’Algérie à l’instar les pays visés par le chaos du Printemps arabe est devenue un sujet plus enivrant que l’Opium de Kabul ou Captagon la drogue servie aux terroristes en Tripoli, Alep ou Kiev, qu’il a parrainé ses pseudo-révolutions.
MF

La chaine franco-allemande, ARTE, se distingue une nouvelle fois par la production d’une mini-série polémique, en l’occurrence « Alger Confidentiel« , sur un scénario d’Abdel Raouf Dafri, (et d’après le roman  » Paix à leurs armes » d’Oliver Bottini).

Si la fiction est un genre libre, les ingrédients que mettent les cinéastes européens, spécialement français dans ce cas, pour décrire l’Algérie, découlent toujours des mêmes fantasmes et des mêmes récurrences intellectuelles.

Les pôles français et allemand d’ARTE et la chaîne publique ZDF (actionnaire d’ARTE) ont mis 5 millions d’euros pour faire naitre cette mini-série qui reprend les mêmes clichés auxquels nous a habitués ARTE durant deux décennies.

L’Algérie y est forcément un « pays hostile », dixit le scénariste gauchisant, décoré de la légion des Arts et des Lettres par Fréderic Mitterrand, neveu de l’ex-ministre de la justice coloniale.

L’Algérie y est forcément « corrompue », « non gouvernée », abrite une « junte militaire » méchante, et des opposants, souvent des islamistes « gentils » sur un arrière fond violent et insoutenable.

Et pour corser le cliché, l’acteur principal est forcément un sympathique agent étranger qui a trouvé l’amour avec une Algérienne (dans le cas d’espèce une magistrate), dont CNews y va joyeusement de son cliché pour résumer le synopsis : « Quand un vendeur d’armes est kidnappé, ils se retrouvent face à un conflit d’intérêt qui va mettre leur amour à rude épreuve, sur fond de corruption et de lutte pour la démocratisation d’un pays dirigé par un régime à bout de souffle ». Voilà pour l’intrigue.

Toutefois, le téléspectateur algérien est fatigué. Il est atteint par une forme de lassitude par des raccourcis médiatiques et audiovisuels répétés durant 20 ans, surtout à l’époque de « Qui tue Qui ? », remis au goût du jour à l’occasion de cette mini-série.

ARTE, comme les télévisions publiques françaises, n’en est pas à sa première production où l’Algérie est, inévitablement, maltraitée, comme un pays-prototype de gâchis politique, et concurrence souvent les deux victimes préférées des programmateurs de cette télévision, à savoir la Chine la Russie, le Venezuela et la Syrie boucs émissaires préférés d’ARTE.

Leur propension à donner des leçons n’est pas propre au « Régime » car d’autres productions ont même fini par faire réagir leurs amis du Hirak, eux-mêmes dépeints comme des jeunes délurés et immatures politiquement.

Mais bon, à quoi doit-on s’attendre d’une chaine qui donne un chèque à blanc (et un chèque tout court), à toutes les réalisations incongrues de Bernard Henri Levy (BHL pour les intimes), le fossoyeur de la Libye, et dont elle a financé 12 films en dizaines de millions d’euros qui se sont tous avérés être des bides commerciaux et dont les 3/4 réuni n’ont pas pu attirer plus que 100.000 spectateurs.
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A quoi s’attendre d’une chaine dont le traitement des événements historiques balance entre la sacralité, quand il s’agit d’évoquer les camps de concentration pour les juifs, et la caricature, quand il s’agit de parler d’un pays arabe.

A quoi s’attendre, également, d’une chaine qui représente l’instrument froid d’une élite européenne qui semble avoir l’obsession de connaitre mieux que les peuples des pays du Sud, leurs destins.

Si la fiction est libre, la critique l’est aussi. Le scénariste qui est un franco-algérien ne cache pas ses accointances extra artistiques, puisqu’il déclare, avec des approximations vérifiables, que : « dans mes recherches, j’ai appris par exemple qu’en 2014 l’Allemagne a ouvert des usines d’assemblage de véhicules tout-terrains militaires alors que le peuple, lui, a besoin de bien autre chose ».

A priori, Abdel Raouf Dafri n’est pas seulement scénariste mais également expert en armements, ministre de l’Industrie, géopoliticien et accessoirement sociologue de la Nation algérienne !

Ce dont a besoin le peuple est d’abord de la décence. Que son pays ne soit plus décrit comme habitant une République bananière, où le droit est absent, où un Etat « Couscoussier » inapte à la Bonne gouvernance.

Ce qui est navrant et triste est que cette mini-série a été faite avec l’argent du contribuable français et allemand, sans qu’on leur demande leur avis.

ARTE est cofinancée à hauteur de 140 millions euros par le couple franco-allemand, dopée aux subventions de l’UE, et ce depuis 20 ans pour produire des documentaires biaisés par le Wokisme rédactionnel.

C’est pour ces raisons que « Alger Confidentiel » est un programme supplémentaire issu de ces subventions subjectives et orientées, sans égard aux gouts de la masse. Car à ARTE, c’est connu, « la masse » ne réfléchit pas. Car, en définitive, ce qui est « confidentiel » est le 1,3% d’audience de cette chaine en France et 2,9 de points en audience cumulée avec l’Allemagne.

Et si les médias européens sont faciles quand il s’agit de critiquer les médias publics algériens, on est en droit de s’indigner, en tant qu’Algériens, sur la destination de l’argent du contribuable européen consacré à ternir l’image de ses partenaires stratégiques.

On reprochera toujours aux Algériens d’être paranoïaques en ce qui concerne l’atteinte à l’intégrité de leur pays ou les tentatives d’ingérence diplomatique ou culturelle. Et c’est le cas.

La production audiovisuelle et culturelle autour de l’Algérie a toujours privilégié l’angle uniquement rédhibitoire de la vision européenne qui s’exprime parfois au Parlement de Strasbourg, à Bruxelles ou à ARTE. Et si l’on doit être réellement paranoïaque, il y’a tout de même lieu de s’interroger pourquoi cette mini-série a été tournée en grande partie au Maroc où le Roi et le clan des Azoulay les ont accueillis à bras et poches béants.

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