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Arabie Saoudite: 37 exécutions et crucifixions

Un outil politique pour écraser toute dissidence

Par Ahmed Zakaria

En dépit du nombre croissant des exécutions, la réaction des instances internationales n’a jamais dépassé la simple déclaration d’indignation. Pourtant plusieurs médias ont indiqué qu’il n’y a aucune distinction entre ces terrifiantes scènes de mise à mort et celles de Daesh.

Riyad vient encore une fois de procéder à la décapitation et la crucifixion groupée des plus cruelles depuis ces trois dernières années. Bilan : Pas moins de 37 citoyens saoudiens dont un mineur de 16 ans, accusés de terrorisme. Accusations prononcées lors de « simulacres de procès », selon Amnesty international. Une horrible boucherie digne des actes barbares de Daesh.

Riyad a annoncé ce 23 avril avoir procédé à la décapitation de 35 citoyens et le crucifiement de deux autres, pour la plupart appartenant à la minorité chiite (une branche de l’islam minoritaire en Arabie saoudite, et majoritaire en Iran, pays ennemi du royaume wahhabite), accusés de crimes terroristes. Comme le rapporte l’agence de presse AP, un des corps, celui d’un individu présenté comme un extrémiste sunnite, a été exposé sur la place publique en guise d’avertissement. Ce genre d’exposition des corps d’individus exécutés est une pratique courante dans le royaume de la famille Al-Saoud.

Selon des militants traqués dans le royaume et partout dans le monde,  par les sbires du roi et ses alliés, les personnes exécutées ont été condamnées après des « simulacres de procès et généralement sur des aveux extorqués sous la torture ».  Les appels répétitifs ont poussé les organisations des droits de l’homme, notamment Amnesty International a dénoncer « une démonstration effrayante du mépris de l’autorité [saoudienne, ndlr] pour la vie humaine ». L’ONG a estimé que cette exécution collective prouvait que la peine de mort pouvait être utilisée comme « un outil politique pour écraser la dissidence ».

Selon l’ONG Amnesty international, 11 des hommes exécutés auraient été jugés coupables d’espionnage pour le compte de l’Iran et au moins 14 autres auraient été condamnés à cause de leur participation à des manifestations contre la répression de la famille royale dans les zones du pays peuplées majoritairement de chiites entre 2011 et 2012. L’écrivain saoudien, et défenseur des droits de l’homme, Fouad Ibrahim affirme, pour sa part, que 32 des 37 condamnés étaient des militants chiites de l’opposition. L’un des prisonniers exécutés était Abdulkareem al-Hawaj, un jeune chiite qui n’avait que 16 ans lorsqu’il a été arrêté et condamné pour participation à des émeutes anti-gouvernementales.

Dans sa déclaration, le ministère saoudien de l’Intérieur a fait état de personnes exécutées qui avaient adopté « des idéologies extrémistes » et constituer des cellules terroristes dans le but de « semer le chaos » et de « provoquer des conflits sectaires ». Conformément à la loi en vigueur dans ce pays, allié clé des États-Unis, les citoyens reconnus coupables ont été décapités, ou crucifiés selon les cas, sur décision du tribunal pénal de Riyad, spécialisé dans les procès pour terrorisme. L’exécution a également été ratifiée par un décret du roi Salman.

 

 

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