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Maroc: manifestations contre la misère et Arrestations massives

La ville de marocaine de Fnideq ne décolère pas depuis jeudi dernier. De jour comme de nuit, des milliers de jeunes sont sortis protester contre la dégradation de la situation économique qui s’écroule sous le poids des dettes et la crise sanitaire du Covid 19. Hantée par les manifestations du Rif voisin qui a secoué le pays toute l’année de 2017, la police du Makhzen a riposté par des vagues d’arrestations massives parmi les jeunes qui scandaient des slogans centrés sur « la dignité et le travail ». 

Par : RACHID GHaZALI

La situation a été exacerbée, selon des rapports locaux, par la décision du Maroc de fermer le passage vers la ville de Ceuta (enclave espagnole), suite à la pandémie du Covid-19. L’enclave de Ceutaa toujours constitué une ouverture par laquelle les gouvernements successifs réduisent les effets de  la marginalisation auxquelles sont soumises les régions limitrophes, en livrant des jeunes parfois des familles entières à l’exploitation de la contrebande. Sans cette dernière , la ville, à l’instar des autres régions du nord qui souffrent de fort désiquilibre terrirorial, des familles entières s’écroulent sous le poid du chômage et la précarité.

Des vidéos relayées via les réseaux sociaux avaient montré la colère des manifestants qui défiaient la police royale, vendredi, dans la ville de Fnideq et le recours des forces du Makhzen à la violence pour les disperser, par peur que la vague de protestation ne se propage dans les régions voisines.

Les forces de police marocaines ont arrêté des militants dans les rangs des protestataires dans la ville de Fnideq et dont le nombre demeure jusqu’à présent, inconnu. Journalistes bloggeurs et vidéastes, même ceux tolérés par le Makhzen, ont été empêchés de mener à bien leur travail. L’information ne doit sa diffusion que grâce à des vidéos partagées sur les réseaux sociaux par des particuliers et de militants sur place. Certains reporters ont vu leurs matériels cassé par la police tel l’incident dont a été victime le reporter de Chouf TV.

Les autorités ont ajouté, dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle marocaine, que lors de la dispersion de la manifestation, «certains manifestants ont jeté des pierres sur des membres des forces publiques, blessant 6 membres. Ils ont été transférés à l’hôpital pour recevoir l’aide nécessaire. «Des évanouissements ont été enregistrés à la suite de la bousculade parmi les manifestants».

Par ailleurs, le parti de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) a dénoncé l’arrestation de Khalil Jebari, membre du Secrétariat provincial du parti à Fnideq, ainsi que la violence dont a été victime Yassine Yakour, vice-secrétaire provincial, alors qu’ils étaient de passage devant le lieu où se tenait le sit-in de protestation.

L’USFP a exigé, dans un communiqué, la libération immédiate de Khalil, estimant que cet incident  » est synonyme d’une intention affichée des autorités de Fnideq de prendre le parti pour cible et de porter atteinte à l’image de ses militants ».

Critiquant la méthode des Pouvoirs publics dans le traitement des manifestations pacifiques, le Parti les qualifie de « comportement honteux ».

« Ce qui s’est passé dissipe nos espérances en un Maroc nouveau dont nous rêvions, mais la nostalgie aux années de braise et de balles demeure dans l’imaginaire et la pensée des autorités », a déploré l’USFP qui a fait part de sa solidarité avec les organisateurs du sit-in de protestation et dont les revendications  » sont justes et légitimes, notamment celles portant la garantie de l’accès à l’emploi au profit de milliers citoyens ».

Union socialiste des forces populaires (USFP)

Des activistes et des militants des droits de l’Homme ont appelé, via divers blogs postés sur les réseaux sociaux, à la libération de tous les détenus arrêtés suite aux protestations, dont le jeune appelé Yassine Razine du Parti Al Adl wal Ihsane.

Selon des rapports locaux, la décision du Maroc de fermer le passage vers la ville de Ceuta (enclave espagnole), suite à la pandémie du Covid-19. L’enclave de Ceuta constitue une ouverture vitale pour les territoires limitrophes, par laquelle les gouvernements successifs réduisent les effets de la marginalisation de ces régions. Des milliers de jeunes, parfois des familles entières ne trouvent pas d’autres moyens pour subsister, que de se soumettre à l’exploitation de la contrebande contrôlée en toute impunité par les gros bonnets.

 La pandémie du Covid 19 a mis à nu les politiques successives qui n’ont fait qu’élargir le faussé des innégalité sociale dans le Royaume. Les ONG, Oxfam en particulier, avait récemment dressé un tableau implacable sur la situation sociale, notamment d’écart de richesse et de patrimoine. Près de 12 millions de personnes sont inactives ou au chômage et beaucoup d’études montrent que la réalité est bien plus loin que les chiffres officiels. Dans les régions du nord 42% des (15-24ans) se retrouvent dans une situation où ils ne sont ni étudiant,ni employé, ni stagiaire. Le royaume reste aussi confronté à de forts déséquilibres territoriaux. Exemple avec l’accès à l’eau : si la majorité des zones urbaines et touristiques sont rattachées à un réseau d’eau potable, cette proportion tombe à 40 % dans la région de Tanger- Tétouan-Al Hoceima (nord). Cette dernière ville a été le théâtre d’un important mouvement social en 2017.

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