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Libye: 40 migrant tués par une frappe contre un centre de détention à Tripoli

 

Par Ahmed Zakaria

Nouveau carnage en Libye. Plus de 40 migrants ont été tués et au moins 70 autres blessés, mardi 2 juillet au soir, dans une frappe aérienne contre le centre de détention de migrants de Tajoura, situé à proximité d’un camp militaire en banlieue de Tripoli. Les deux belligérants se rejettent la responsabilité. D’une part, le maréchal Khalifa Haftar, soutenu par les USA, Les Emirats, et l’Egypte et de l’autre, Faïz  Esserradj, soutenu quant à lui par la France et les Frères musulmans.

En effet, les deux camps rivaux s’accusent mutuellement de recourir à des mercenaires étrangers et de profiter du soutien militaire, notamment aérien, de puissances étrangères.

Dans un contexte particulièrement sanglant et une semaine à peine après la destruction d’un premier drone appartenant à l’armée turque, les forces du maréchal Khalifa Haftar ont annoncé la veille la destruction d’un second, dans la base militaire aérienne de Maitka à Tripoli. Une annonce qui laisse à s’interroger, si Erdoghan n’est-il pas entrain de perdre petit à petit, pied dans le bourbier libyen à l’instar de l’Irak et la Syrie ?

Le chef des opérations de l’armée de l’air, le général Mohamed Manfour, a affirmé que le drone de type « Birkdar » était armé et prêt à effectuer de nouveaux raids.

Dans un climat tendu et sur fond de menaces interposées entre Khalifa Haftar et le président turc, la navigation aérienne en Libye a été totalement arrêtée dans la capitale Tripoli.

 

Le maréchal Haftar avait, la semaine dernière, menacé de s’attaquer aux intérêts turcs, accusant Ankara d’être « directement et activement impliquée dans la guerre, en appuyant par des moyens humains et logistique, ses rivaux de Tripoli». Cela fait plus de quatre mois que le maréchal Haftar, soutenu par les Emirats, l’Egypte et Washington,  tente de reprendre la capitale libyenne Tripoli à son rival Faïz Esseradj, soutenu quant à lui par la France, le Qatar et les Frères musulmans. Depuis, les faubourgs de Tripoli vivent des batailles sanglantes, causant plusieurs centaines de morts. Celles-ci ont également forcé plusieurs centaines de familles à fuir leurs demeures.

Les menaces de Haftar de s’attaquer à tous les intérêts de la Turquie en Libye, ont provoqué la colère du maître d’Ankara, déjà affaibli par la perte d’un de ses bastions, le Soudan, à la suite de la chute de son allié Omar Al Bachir.

Lundi dernier, le ministre de la défense turc a averti que l’armée nationale libyenne commandée par le maréchal Haftar était «désormais une cible militaire légitime, tant que les six ressortissants turcs, détenus par cette armée, ne sont pas libérés». Toutefois, aucune information n’a filtré quant à l’identité de ces ressortissants turcs.

Le ministère turc des affaires étrangères a estimé dans un communiqué que la détention de ses ressortissants par des forces armées liées à Haftar représentait «un acte de piraterie», et qu’il attendait leur libération «immédiate».

Le ministre de la défense turc, Hulusi Akar, a pour sa part affirmé ce dimanche que son pays «frappera avec force». Ses menaces, largement relayées par la presse turque, sont intervenues au lendemain de la décision de Haftar de s’attaquer aux navires turcs qui s’approcheraient des eaux territoriales libyennes. Cette décision semble justifiée par la volonté de «stopper l’acheminement des armes et des munitions aux milices armées liées aux Frères musulmans et à Al Qaida qui occupent la capitale Tripoli et les régions voisines.»  

La chute du régime de Kaddafi a donné lieu à un chaos sans égal dans la région. Le pays est, depuis, démembré en trois régions : l’ouest, avec la capitale Tripoli, est partagé entre une multitude de groupes extrémistes armés et un gouvernement en mal de légalité, tandis qu’à l’est, un maréchal s’est autoproclamé sauveur du pays. Quant au sud, la région est devenue la principale destination des combattants de Daesh fuyant la Syrie et l’Iraq.

Cette carte des plus sanglantes révèle une autre guerre latente, animée par les intérêts régionaux, la duplicité diplomatique des puissances internationales, et les errements injustifiés de l’ONU.

Derrière les groupes armés sous leurs différents acronymes qui, décidément, ne servent qu’à nourrir le fil d’actualité des médias, plusieurs pays s’arrachent les richesses de la population meurtrie, qui, en 2011, n’a fait que réclamer une vie plus digne.

Malgré les mises en garde, une guerre avait été lancée, en 2011, à l’initiative de Nicolas Sarkozy, sur la base de «fake news» diffusées par la chaine de télévision satellitaire qatarie Al Jazeera, donnant lieu à une intervention de l’OTAN, appuyée par certains pays arabes, particulièrement les pétromonarchies.

 

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