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Gaz contre Rouble quelles conséquences pour l’Europe et le Dollar?

La Russie a annoncé qu’elle demanderait aux pays « Inamicaux » de payer l’approvisionnement en gaz en roubles. Les pays européens versent chaque jour environ un milliard de dollars dans les coffres de Moscou pour le gaz et le pétrole. Cette décision constitue un électrochoc pour l’Europe et une mesure qui confortera la valeur du Rouble les ménages épargnants et approfondira la volonté des pays de Brics de se débarrasser de l’influence du dollar et de l’euros sur les marchés mondiaux.
MF

Par | A. Zakarya


« J’ai décidé de mettre en œuvre – a déclaré Poutine lors d’une réunion gouvernementale – une série de mesures visant à transférer le paiement de nos approvisionnements en gaz aux pays hostiles en roubles russes ». A peine ces mots prononcé, les prix du gaz ont grimpé en flèche avec une hausse de plus de 30 %, dépassant les 125 euros par mégawatt/heure. Le taux de change du dollar a chuté de 8,27% à 94,9875 roubles, pour la première fois depuis environ le début du mois , tandis que l’euro est tombé au niveau de 110 roubles, selon les données de la Bourse de Moscou.

Le président russe a ordonné que les changements soient mis en œuvre le plutôt possible. Le président aurait donné une semaine à la banque centrale et au gouvernement pour trouver un moyen de permettre aux importateurs de gaz russes d’obtenir des roubles sur le marché intérieur.

Être payé en roubles serait un moyen de contourner les sanctions, donc je pense que nous continuerons à payer en euros », a déclaré Francesco Giavazzi, conseiller économique du Premier ministre italien Draghi le premier responsable européens à avoir réagi.  

Pour sa part, le ministre allemand de l’Economie, Robert Habeck déclaré que  » maintenant nous discuterons avec nos partenaires européens de la manière de réagir », a-t-il ajouté. L’Allemagne importe 55 % de ses besoins en gaz naturel de Russie.

La décision de Poutine est intervenue à la veille de l’arrivée du président américain Joe Biden qui se réunit avec les chefs d’Etats européens à Bruxelles, pour discuter le renforcement des pressions économiques politiques et militaires contre Moscou.

« Ces dernières semaines, comme vous le savez, certains pays occidentaux ont pris des décisions illégitimes sur le soi-disant gel des avoirs russes, et cet « Occident collectif » a en fait, tiré un trait sur la fiabilité de ses monnaies – nous en avons déjà parlé aussi – ils ont confiance dans ces devises barrées (…) on s’en doutait, mais maintenant tout le monde sait que les obligations en dollars et en euros risquent de ne pas être respectées », a déclaré Poutine.

Un véritable coup de maître d’échec en contre-offensive que vient de faire la Russie. Cette décision a non seulement fait grimper en flèche les prix du gaz en Europe, mais elle confortera la valeur de la monnaie russe face aux autres monnaies, notamment le dollar et apaisera les inquiétudes des ménages épargnants russes. Elle a eu un effet quasi immédiat sur le rouble russe, qui ces derniers jours, a récupéré la plupart des pertes subies au cours des premiers jours de l’intervention armée en Ukraine. Comme la majorité des ménages russes épargnent en monnaie nationale, la reprise du Rouble ne peut que consolider leur confiance ainsi que celles des investisseurs.

Cependant, la Banque centrale russe a réduit constamment la part du dollar américain dans ses réserves. En avril 2018, à la suite de l’annonce par les États-Unis de nouvelles sanctions antirusses, un processus de renoncement accéléré aux obligations d’État américaines a commencé dans les réserves. À l’époque, les investissements russes avec cet instrument ont été divisés par deux, passant de 96,1 milliards de dollars à 48,7 milliards de dollars, et en mai par trois, à 14,9 milliards de dollars. À titre de comparaison, à l’apogée de cet indicateur en février 2013 (Crise de la Crimée), les investissements russes en titres américains atteignaient 164,3 milliards de dollars.

Cette politique semble être suavement concertée avec les pays comme la l’Inde, le Pakistan ainsi que les autres pays du Brics à leur tête la Chine qui propose une autre alternative au model des échanges économiques et financiers dominées par les USA et les pays de l’Otan qui évoluent dans sa sphère.

Les européens craignent déjà que cela ne soit un ultime pas avant la fermeture totale des vannes par Moscou qui a déjà trouvé preneur sur les marchés asiatiques. Mais ce que craignent surtout, les élites politiques, c’est que cette pénurie ne provoque des révoltes internes, notamment, en France.

Encore faut-il se souvenir du mouvement des gilets jaunes, sorti la première fois, contre l’augmentation des prix du carburant. Une revendication qui catalyse toutes celles qui rejettent les politiques menées par les présidents qui se sont succédés sur le perrons de l’Elysée.   

Certains observateurs, n’ont pas hésité à jeter la suspicion sur la gestion américaine du dossier ukrainiens et le rôle a attribué à ces pays, laissant paradoxalement entrevoir que toute cette crise viserait essentiellement, l’faiblissement de la France et l’Allemagne au profit de l’alliance anglosaxonne.

Avec sa perte en influence dans ses anciennes colonies, Paris tente bâtir une politique commune de défense européenne, indépendante des Etats Unis, alors que l’Allemagne ne cesse d’accroître ses échanges économiques, notamment avec la Chine et la Russie. Le volume d’approvisionnement en énergie en provenance de ce pays, 55% et les investissements des banques allemandes sur le marché russe, frôlent symboliquement, le niveau stratégique. Ce qui n’a été du pas du goût de la Maison Blanche. La troisième guerre mondiale semblent bel et bien déclenchée, certes sans bombes atomique ou agent orange, mais économique avec comme les deux précédentes l’Europe comme champs de bataille de prédilection de l’Oncle Sam.       

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