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Au lendemain de la démission de Bouteflika

Liesse, joie, interrogations et suggestions

De notre correspondante à Alger Sahra Achour

Au lendemain de la démission du Président de la République Abdelaziz Bouteflika de son poste, à la tête du pays depuis 20 ans, les citoyens n’ont pas caché leur joie puisqu’ils voient déjà un début de satisfaction de leurs revendications, tout en restant toutefois prudents et unanimes à dire que «tout le système doit dégager ».

Partout dans le pays c’est la même joie, un sentiment d’apaisement peut se lire facilement sur les visages de nombreux citoyens, un signe de « première victoire», selon leurs dires.

Très tôt dans la matinée, le sujet de discussion était ce départ tant attendu de Bouteflika. Au niveau de la gare routière de Bejaia vers 7h du matin, les gens se sont rués sur les kiosques pour acheter les journaux dont les unes étaient toutes consacrées à cette annonce de démission de l’ancien chef de l’Etat.

Karim, propriétaire de bus effectuant la liaison entre Bougie et Tizi Ouzou nous a confié que « la décision en soi est très bonne, mais pourquoi avoir attendu jusqu’à hier ? ». Il ajoute que «tous le monde doit partir, car ils ont tous mangé dans le même plat ». Rabah, un étudiant, qui attendait le bus vers Alger, nous dit que cette démission n’était pas une surprise pour lui. «Je m’y attendais, mais je ne savait pas pour quand l’annonce de cette décision majeure». Il se dirige vers son bus pour prendre la route, non sans nous rappeler que « les marches des étudiants se poursuivront comme décidé  chaque mardi jusqu’au départ de tout le système».

Algérie libre et démocratique

Nous prenons nous-mêmes le bus sur Tizi Ouzou pour rallier Alger. Tout au long du voyage, les passagers étaient qui penchés sur un son journal, qui sur son Smartphone pour prendre connaissance des dernières nouvelles. Abdellah, la soixantaine, dira : «ce n’est que le début d’un long processus engagé pour reconstruire l’Algérie, espérons qu’on ne sera pas déçus encore une fois ». Na Aljia, issue d’une famille révolutionnaire nous confie, pour sa part : «Je suis très contente, et je pense en ce moment précis à tous nos martyrs qui peuvent pour la première fois dormir en paix dans leurs tombes ». Elle prononcera des prières pour que « l’Algérie reprenne sa place dans le concert des nations ». De Tizi Ouzou  à Alger, les mêmes impressions, la même joie, les mêmes espoirs. Chacun y va de son commentaire.

Rencontrée à la gare routière du Caroubier, Nawel 32 ans, qui venait d’arriver de Sétif, souligne que «pour moi Bouteflika était déjà parti depuis longtemps.» «La démission prononcée hier n’était qu’une formalité ». Elle ajoute : «l’espoir est toujours permis, je souhaite le meilleur pour mon pays, un véritable changement ». Pour Islem, 30 ans fonctionnaire de son état, il commente le départ de Bouteflika en disant que « le peuple a triomphé ». Pour lui, c’est une réponse à ses attentes arrachée grâce à la mobilisation de toute l’Algérie.

Massissilia, 21 ans, étudiante en Finances, à l’Université Mouloud Mameri, elle  ne cache pas sa satisfaction : « Je suis très heureuse de  voir arriver ce jour.» Mais, ajoute-t-elle : «Nous resterons mobilisés, en ce qui nous concerne nous étudiants,  jusqu’à satisfaire la volonté populaire à savoir le départ de tous le système ». S’interrogent toutefois sur la désignation du nouveau gouvernement, elle se demande pourquoi « a-t-on appelé de nouveaux ministres pour ensuite démissionner. Ces nouveaux ministres partiront-ils aussi ? » «  Restons vigilants», suggère Massissilia.

Démission de Bouteflika

Said, 34 ans, employé dans le secteur des transports à Tebessa, se dit très content. Pour lui, et comme pour tous les citoyens interrogé, « ce n’est pas seulement Bouteflika qui doit partir, mais tous le système comme scandé dans les marches populaires pacifiques».

Tayeb, ancien journaliste à la retraite, sans cacher sa satisfaction, nous donne sa vision des choses : « Il faut constituer une commission nationale indépendante pour préparer le terrain pour une nouvelle ère. Elle doit être composée, comme le demande la rue, de personnalités intègres à même de mener le pays à bon port». Pour lui, «la dissolution des deux chambres du parlement (APN et SENAT) est une nécessité pour repartir sur de nouvelles bases ; Il faut aussi réviser la constitution ».

Par ailleurs, Fayçal architecte arrivé de Tébessa, estime que « Bouteflika n’a jamais été un problème. Au contraire, pour moi il a beaucoup travaillé. Mais le clan qui l’avait entouré a profité de sa maladie pour mener le pays vers la situation actuelle».

Qu’à cela ne tienne !  A Alger, des klaxons par moment viennent rappeler que le peuple a arraché la démission du président, grâce à son mouvement de protestation entamé le 22 février. La veille, au niveau de la capitale, à Bejaia et partout ailleurs, les gens sont sortis pour exprimer leur joie en sachant pertinemment que beaucoup restent à faire avant l’instaurer de la deuxième République tant rêvée.

S.A

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