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USA-Iran: L’Europe le premier naufragé dans la crise du Golfe Persique ?

Par Ahmed Zakaria

 

La tension monte au Golfe persique les forces de la garde révolutionnaire iranienne ont détourné vers leurs côtes le Stena Impero, un pétrolier britannique. Dans une escalade sans précédent les iraniens accusent le tanker britannique de « ne pas avoir respecté le code maritime international» Un deuxième pétrolier, le Mesdar, qui aurait été arraisonné par les Iraniens dans le Golfe, été relâché ont annoncé les propriétaires du navire. «Les communications ont été rétablies. Le commandant a confirmé que le navire était libre de poursuivre sa route. Tous les membres de l’équipage sont sains et saufs», a expliqué la compagnie Norbulk Shipping dans un communiqué cité par l’AFP.

L’arraisonnement des deux navires a suscité l’indignation des européens qui ont sommé Téhéran de relâcher « sans délai » les navires. Cette  indignation unanime intervient suite à la saisi d’un navire iranien à Gibraltar par les britannique. Jugeant d’une manière unilatérale, que la destination du navire GraceI, était la Syrie, les autorités britanniques ont justifié leur décision de détourner le pétrolier, par le fait qu’il «entrave les sanctions Européennes» contre la Syrie.

Cette action qualifiée par Téhéran «d’acte de piraterie», coïncide pourtant avec des impuissantes tentatives européennes d’apaisement avec l’Iran pour contourner les sanctions américaines. C’est également une timide démarcation afin de sauver son image quant au suivisme suicidaire face à politique de l’Oncle. L’embargo de la Maison Blanche contre l’Iran a coûté et coûte des milliards au vieux continent. Et la maison Blanche applique le même jusqu’auboutisme tant avec les ennemis, qu’avec les alliés.

Une réunion d’urgence sous le patronage du chef de la diplomatie britannique «pour examiner la «ce que nous savons et ce que nous pouvons faire pour sécuriser rapidement la libération des deux navires» Le Royaume-Uni s’est dit «extrêmement préoccupé» par «la saisie inacceptable […] de deux navires» par l’Iran. Averti le ministre des Affaires étrangères britannique Jeremy Hunt.

Pendant que les européens rament dans tous les sens perdant petit à petit, pied dans le Golfe persique au gré des vagues des déclarations enflammées des américains et iraniennes, ces dernier semblent aller de pied ferme dans l’escalade pour défendre leurs intérêts respectifs.

Prenant le dessus sur ses faucons anti-Iran, Pompeo et Bolton, le président américain soucieux de ne pas provoquer une guerre en vue des prochaines élections présidentielles, a mainte fois appelé les iraniens au dialogue malgré le degré de l’escalade. « Je suis sûr que l’Iran voudra bientôt discuter », a-t-il lancé mercredi. « Je voudrais qu’ils m’appellent », avait-il lancé la semaine dernière.

Les mollahs savent bien que cette crise est aussi une affaire de politique intérieur. Ils sont en effet, conscients que ce qui ferait perdre un candidat la Maison Blanche, se sont les images des cercueils de soldats américains rapatriés au pays. Belliqueux sur le terrain militaire, les iraniens ont toutefois laissé un espace à Trump pour respirer, même si dans les déclarations officielles ils refusent tout dialogue. Ils ont préféré taper sur le flanc le plus fragile et le moins cohérent qu’est l’Europe. Les dirigeants européens ont tenté de créer une entité dédiée aux échanges avec l’Iran, et qui serait inactive sur le marché américain pour l’immuniser contre les amendes mises en place par Washington. Mais cette initiative qui crée l’unanimité sur papier peine à trouver une cohérence dans son exécution. Le pays européens qui accepterait d’héberger cette entité risque de se mettre les États-Unis à dos.

Politique de l’Autruche et des alliances à perte

Depuis la décision américaine unilatérale de quitter l’accord sur le nucléaire et le durcissement des sanctions contre l’Iran, l’économie européenne a pris un sérieux coup. Au nom de « l’extraterritorialité » de leurs sanctions, les Etats-Unis interdisent aux entreprises qui utilisent le dollar dans leurs transactions de travailler avec des pays sous embargo. Pour rappel la banque française BNP Paribas avait versé près de 9 milliards par Washington pour ne pas avoir respecté l’embargo. Plusieurs grands groupes français comme Total, PSA, Sanofi, Airbus ou encore Renault, qui s’étaient lancé en Iran après l’accord se sont retirés laissant derrière eux une marée de dollars au profil de la Fédération de Russie, la Chine l’Inde et même certains pays du Golfe, tel que l’Emirat Arabe unis.

Les européens notamment la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tenté  dans lettre commune, d’obtenir en vain des dérogations. « En tant que proches alliés (de Washington), nous attendons que les effets extraterritoriaux des sanctions secondaires américaines ne soient pas appliqués aux entreprises et aux citoyens européens ». Des demandes balayées d’un revers de main par Donald Trump. « Plutôt que d’encourager le commerce, nous demandons à entraver les activités malveillantes de l’Iran ».

Pratiquement tous les secteurs ont été touchés. D’abords le secteur financier puis s’en est suivi de celui de l’énergie, des importations de matières premières, les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique civil rentrera donc en vigueur mardi.

Jusqu’ici, le guide suprême iranien Ali Khamenei a assuré qu’il « n’y aurait pas de guerre avec les Etats-Unis », tandis que Washington a martelé « ne pas vouloir de conflit avec l’Iran« . Jusque là elle a obtenu la rénovation de sa plus grande base aérienne au Qatar et renforcer son contingent en Arabie Saoudite lâchée par son allié rival l’émirat. Une un premier résultat qui renforcera ses postions face à la chine et la Russie dans les futurs conflits dans le pacifique et on Eurasie où l’Iran constitue un précieux allié au couple Russo-chinois.

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