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Tunisie: un documentaire pointant du doigt le parti islamiste Ennahdha retiré de la diffusion

Ahmed zakaria

Au lendemain de l’annulation de la diffusion du documentaire , le juge d’instruction près le pole judiciaire financier a ordonné dans l’après-midi de ce mardi 5 novembre 2019 l’arrestation du présentateur de télé Sami Fehri, de sa femme ainsi que de l’administrateur judiciaire de la société confisquée, Mme Tordjemen. une société que le patron de la chaine El Hiwar tounsi avait fondé avec les Trabelsi beau frère de Benali.

L’échec cuisant aux élections présidentielles et législatives en Tunisie a mis la succursale des frères musulmans en émoi. Les langues et les plumes se délient. Les titans post révolutionnaires se disputent la justice et l’opinion publique à coup de scandale interposés.  Les 8 dernières années ont appris aux tunisiens de ne plus chercher les bons des mauvais, mais ils attendent de leur nouveau président qu’il mette la lumières sur la cabale islamo-terroriste  qui a semé la mort lente en Tunisie. inconsolables dans sa joie de prise du pouvoir et du soutien de ses alliés du projet de Khalifat qui a semé la terreur dans le monde arabe, la formation de Ghenouchi a visiblement omis d’effacer  toutes les traces derrière elle.

Des milliards partis en fumée , des soupçons sur ses liens dans les assassinats politiques par une police parallèle et son rôle avec les réseaux de recrutement de terroristes à destination des zones du triste printemps arabe. Les années de de la Troïka, sous Ennahda, sont loin d’être des années de la vertu sans tâches.

A défaut de convaincre avec sa faible majorité au  sein du parlement, les chefs du parti, à leur tête leur guide El Ghenouchi, font pression sans égale, afin de s’assurer une place à l’ombre de l’immunité parlementaire.  Le fraîchement élu chef de l’Etat qualifié d’outsider arrivera-t-il à leur faire barrage et laisser la justice faire son travail sur ce parti, pointé du doigt dans plusieurs affaires scabreuses, qui ont porté atteinte la stabilité économique et sécuritaire non seulement de la Tunisie, mais également de la région.  Pourra-t-il accomplir ce qu’a promis son prédécesseur Gaïd Sebci, avant sa mort ? dans une rencontre avec le collectif d’avocat de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, avait promis de ne pas entraver le chemin des la justice dans ses enquêtes sur Ennahda.

Le premier Clash post élections

A quelques semaines des élections, les tunisiens attendaient avec impatience la diffusion sur la chaîne Al Hiwar Ettounsi, d’une série d’enquêtes d’investigations liées au Parti de Ghenouchi. Après une bataille sur le net et dans l’ombre, tout porte à croire que la partie est remise. La chaîne a retirer la bande d’annonce liée à cette série, dont le premier épisode devrait être diffusé au cours de la semaine prochaine. Cette bande d’annonce vient d’être retirée du site officiel de la chaîne ainsi que de ses pages sur les réseaux sociaux Facebook et Youtube.  Au lendemain de l’annulation de la diffusion du documentaire , le juge d’instruction près le pole judiciaire financier a ordonné dans l’après-midi de ce mardi 5 novembre 2019 l’arrestation du présentateur de télé Sami Fehri, de sa femme ainsi que de l’administrateur judiciaire de la société confisquée, Mme Tordjemen.  Cet  décision est intervenue après les avoir entendu en tant qu’accusés dans la fameuse affaire de malversation et de mauvaise gestion de la société confisquée Cactus Prod. La décision des mandats de dépôt a été prise après l’audition des 13 accusés dans cette affaire par la brigade de recherches dans les crimes économiques et financiers d’El Gorjani.

Rappelons que dans un communiqué rendu public, le mouvement Ennahdha a dénoncé fermement « la campagne de dénigrement » lancée à son encontre par l’une des chaines de télé -NDLR: en référence à la chaîne Al Hiwar Ettounsi-, tout en assurant que le parti se réserve le droit d’intenter les poursuites judiciaires nécessaires à l’encontre de cette chaîne. Son propriétaire M. Fehri  ainsi que son épouse auraient subi d’énorme pression et ont été interdit de voyager.

Avant les médias et les outils de pression, des Etats, des  intellectuels et personnalités publiques avaient déjà tenté le coup

A la fin du mois de mai dernier, une députée à l’Assemblée, Fatma Mseddi, a appelé à la classification du mouvement islamiste, Ennahdha comme organisation terroriste. Dans une déclaration à Al Aïn Al Ikhbarya, la dirigeante de Nidaa Toune (clan HCE), a réitéré son soutien à toute législation envisageant de placer Ennahdha sur la liste noire des organisations dangereuses et terroristes, soulignant que les dirigeants du parti islamiste forment une branche des Frères musulmans. “Ennahdha est à l’origine de la crise économique et sociale dans laquelle baigne le pays. Toutes les forces politiques qui combattent l’islam politique doivent se réunir et former un front solide pour sauver le pays” a-t-elle ajouté.

L’appel de cette députée a été précédé par plusieurs actions visant à mettre la lumière sur ce parti et ses liens avec la corruption et surtout l’islamisme extrémiste. Lorsque le parti de Ghenouchi avait le vent en poupe à la tête de la troïka, la Tunisie était en tête de liste des pays pourvoyeurs de terroristes à destination de la Libye, la Syrie, L’Irak et plusieurs autres zones de conflits   

 

L’Agence syrienne de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme avait publié des documents sur des organisations islamiques et les différents organismes impliqués dans la déstabilisation de la Syrie en finançant le terrorisme ou en soutenant militairement les groupes terroristes locaux. Parmi ces organisations, Damas a cité  le groupe terroriste Okba Ibn Nafaa et le mouvement Ennahdha tunisien.

Les accusations de la Syrie corroborent le  témoignage  de l’ancien ambassadeur américain à Tunis  Jacob Walles, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie, sur les raisons ayant poussé des milliers de jeunes Tunisiens à partir pour le djihad au Moyen-Orient. L’ambassadeur avait alors confié que le gouvernement de la troïka, dont faisait partie Ennahdha, avait toléré sinon encouragé le départ d’islamistes radicaux pour la Libye, la Syrie ou l’Irak.

En 2012, cette même troïka avait même organisé à Gammarth une «conférence des amis de la Syrie», co-présidée par le Qatar, durant laquelle Moncef Marzouki et ses alliés islamo-atlantistes chauffaient à blanc les esprit contre l’Etat syrien. Les islamistes tunisiens avaient aussi ouvertement revendiqué l’armement de «l’armée libre» contre le régime syrien, une pseudo-armée qui comptait dans ses rangs des groupuscules terroristes.

Le ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, avait d’ailleurs lui-même reconnu l’existence en Tunisie de réseaux spécialisés dans l’organisation et le financement du djihad en Syrie, Lors de son audition du 19 septembre 2013 devant l’ANC.

Dans un article intitulé «Qatar et le financement d’EIIL: l’approche américaine» publié par The Washington Institute, daté du mois d’août 2014, Lori Plotkin Boghardt avait écrit : «L’Amérique considère que le Qatar, son allié proche, constitue un problème de financement du terrorisme ». 

 

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