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Tunisie: la crise persiste, l’appel à la dissolution du parlement gagne la rue


TUNIS – La crise politique persiste en Tunisie où une marche appelant à la dissolution du parlement et l’instauration d’un système présidentiel a été organisée, samedi, dans la capitale du pays en proie également à une crise économique, rapportent les médias tunisiens.


La marche a été organisée au centre-ville de Tunis par des partisans du président Kaïs Saïed, qui ont déferlé de toute part de la Tunisie pour dénoncer les blocages dont est victime leur vies socioéconomique causés par les maneuvers du parti islamiste au pouvoir depuis 10ans. Toutes les régions ont été représentées notamment de Sousse, Sidi Bouzid, Kairouan, Kasserine Gafsa et Sfax.

En marge de la conférence organisée par Ennahdha ce dimanche 21 mars 2021, le chef du parti des Frères Musulmans qui essaie de se maintenir coût que cooût au pouvoir a répondu tout sèchement en s’appuiyant sur une constitution conçue en 2014, lorsque Ennahda avait tous les pouvoirs en main:  « Il n’y a aucune issue constitutionnelle en vue de la dissolution de l’ARP. Il n’y qu’un seul cas valable : que le Parlement soit incapable de donner naissance à un gouvernement. Les autres appels à cette dissolution sont d’ordre dictatoriaux », a-t-il déclaré.



Les manifestants ont réclamé que le « système politique passe de semi-parlementaire à présidentiel », appelant à la « démission » du chef du gouvernement Hichem Mechichi.


Dans ce contexte, les manifestants, qui ont réaffirmé leur soutien au président tunisien, ont également scandé des slogans hostiles au parti Ennahda et à son chef, Rached Ghannouchi.

Les contestataires ont, en outre, appelé « à prendre des mesures à l’encontre des partis politiques qui ont violé la loi et exploité l’immunité » et d’autres que la Cour des comptes a épinglé pour « financements suspects ».

La crise politique liée au différend entre le président Kaïs Saïed et le chef du gouvernement Hichem Mechichi sur la nouvelle composante gouvernementale dure depuis plusieurs semaines en Tunisie.


Le President Kaïes Saed lors d’un balade inopinée sur l’avenue Bourguiba transformée en un bain de foule et marche vers le ministère de l’intérieur.

Kaïs Saïed a refusé de recevoir le serment des ministres désignés dans le cadre d’un remaniement ministériel approuvé par le parlement au cours d’une plénière datant du 26 janvier 2021.

Il avait déclaré devant le Conseil de sécurité nationale tunisien, réuni le 25 janvier dernier, que certains noms proposés sont suspectés de « corruption et de conflit d’intérêts ».

Le 9 mars dernier, il s’est dit prêt à accueillir tout dialogue en vue d’une sortie de crise, à « condition qu’il ne soit pas similaire aux dialogues précédents ».

« Seules les parties qui croient vraiment aux revendications économiques et sociales du peuple tunisien, ainsi qu’à ses revendications politiques, participeraient à ce dialogue », avait déclaré le président tunisien lors d’une réunion avec le secrétaire général du mouvement Achaab, Zouheir Maghzaoui et le secrétaire général du mouvement démocratique, Ghazi Chaouachi.  

Kaïs Saïed avait également invité les jeunes à « assurer un rôle important et prendre part à ce dialogue afin qu’ils y soient un élément actif et une force de proposition ».

Une situation économique et sociale inquiétante


L’accumulation des problèmes « non résolus », les tiraillements politiques et l’absence de stratégie de redressement économique qui accompagnent le pays depuis 10 ans « handicapent la création de richesse, éloignent les financements alloués par les bailleurs de fonds et découragent les investisseurs », ont également rapporté des médias tunisiens.

Selon ces sources, « 21% des Tunisiens vivent dans une situation d’extrême pauvreté ». Il s’agit là du chiffre le plus élevé jamais enregistré depuis l’indépendance de la Tunisie, ajoutent les mêmes sources, déplorant le fait que ce chiffre soit absolu dans la mesure où la crise touche aussi les Tunisiens relativement épargnés jusque-là.


En outre, le rythme de la réduction de la pauvreté s’est nettement ralenti. Il a subi lors de cette dernière décennie son pire revers.

D’ailleurs, ce ne sont plus seulement les localités ou les endroits les plus défavorisés qui comptent le plus grand nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, mais la plupart des régions sont également touchées de plein fouet, estiment les rapports d’experts.

Beaucoup de Tunisiens vivent aujourd’hui avec des revenus intermédiaires. La précarité, le chômage et l’exclusion touchent de plus en plus une partie croissante de la population.

Le nombre de personnes marginalisées par le fonctionnement économique du pays ne cesse de croître. Il se traduit par un pouvoir d’achat de plus en plus érodé pour une catégorie sociale démunie et surtout dépouillée.

Le chef du gouvernement tunisien, Hichem Mechichi, qui a présidé samedi au mausolée du leader Habib Bourguiba, à Monastir, la cérémonie de célébration du 65ème anniversaire de l’indépendance, a souligné, « qu’il incombe aux institutions de l’Etat de travailler en harmonie et d’œuvrer avec toute la classe politique en vue de concevoir des solutions à la crise que connaît le pays, notamment sur le plan économique ».

Mechichi que la majorité des acteurs sociaux tunisiens considère comme un des outils de blocage politique entre les mains de la dynastie de Ghanouchi, en lui reprochant d’avoir trahi le président de la République Kaeïss Saed, en s’alliant avec le parti Enahda, a fait observer que son équipe gouvernementale « déploie des efforts soutenus » pour atténuer les répercussions de la crise. « Nous sommes à l’écoute des revendications de toutes les franges de la société », a-t-il assuré.

« Le gouvernement a élaboré un plan de relance économique dont la mise en œuvre, en collaboration avec les partenaires économiques, nécessite la participation de toutes les parties concernées », a-t-il fait savoir, soulignant que « seul des efforts conjoints et un soutien mutuel entre les pouvoirs permettront au gouvernement de surmonter cette épreuve économique délicate ».

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