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Sécurité énergétique de l’Europe fera-t-elle rentrer l’Algérie dans la géopolitique des pipelines?

Par Ahmed Zakaria

ALGER – La compagnie nationale des hydrocarbures, SONATRACH et le groupe énergétique français ENGIE viennent de conclure des accords moyen-long termes portant sur la vente et l’achat de gaz naturel liquéfié DES et de gaz par gazoduc, a annoncé mardi  la compagnie pétrolière algérienne Sonatrach SONATRACH.

Ces accords ont été paraphés, pour le côté algérien, par le vice-président chargé de l’activité commercialisation, Ahmed Mazighi, et pour le côté français, par le directeur business Unit Global Energy Management, Edouard NEVIASKI, en présence du P-dg de SONATRACH, Kamel Eddine Chikhi, et du directeur général adjoint du groupe ENGIE,  Pierre CHAREYRE.

« A travers ces accords, les deux parties confirment et consolident le partenariat de long terme. SONATRACH livrera des volumes de gaz naturel sous forme de gaz gazeux en entrée du gazoduc Transméditerranéen, ainsi que du gaz naturel liquéfié (GNL) notamment au terminal méthanier de FosTonkin, situé en France », a précisé la même source.

« Ces accords permettront de sécuriser un débouché pour le gaz algérien sur son marché naturel, qui est dans le contexte actuel de concurrence accrue entre les différentes sources d’approvisionnement, l’un des marchés les plus valorisants », a ajouté la Compagnie nationale.

Sonatrach a renouvelé plusieurs contrats d’exportation cette année avec Enel, Galp Energia, Eni, Botas, Naturgy ou encore Edison.  La compagnie pétrolière nationale avait exporté 51,4 milliards de mètres cubes en 2018, l’Italie et l’Espagne représentant les deux tiers des volumes exportés.

L’Europe mise sur l’Algérie pour sa sécurité énergétique

En effet, l’Union Européenne se prépare à mettre en place une nouvelle stratégie énergétique à travers une «Union de l’Energie».

Le micmac ukrainien qui a ébranlé le transport du gaz russe jusqu’au Europe, ainsi que les pressions américaines pour imposer leurs gaz, plus cher, à la place a poussé les européens pour à réfléchir à mettre en place une nouvelle stratégie énergétique à travers « une Union de l’énergie » .  Même si ce projet n’a pas encore atteint sa maturité et que chaque pays européens cherche à assurer son approvisionnement selon les rapports de forces, ces dernier convergent toutefois sur la troisième carte qu’est l’Algérie.  30 % de la consommation annuelle de gaz naturel de l’Europe est constituée de gaz russe qui transite par l’Ukraine.

La réalisation de Nord Stream 1, il y a dix ans, avait étéplutôt bien accueillie par l’Union européenne qui se trouver entre le marteau des pressions américaines qui cherche a écouler son gaz et  l’enclume du  bras de fer entre Kiev et Moscou et les ruptures d’approvisionnement qui en découlaient.

En 2014, le projet alternatif « South Stream » acheminant lui aussi le gaz russe vers l’Europe, mais en passant cette fois par la mer Noire n’y trouvant plus un intérêt économique suffisant  le géant russe Gazprom a fini par bondonner le projet

Au-delà du volet économiques, c’est bien le risque géopolitique de domination qui inquiète La France, la Pologne, l’Ukraine, les pays baltes. Paris ne s’est jamais montrée enthousiaste aux projets de North Stream au point ou cela avait provoqué une crise entre Berlin et Paris.

L’Algérie se profile donc comme une des sources d’approvisionnements que l’Union Européenne cible.  Ainsi, le pays est un fournisseur historique de l’Europe qu’il approvisionne depuis 1964, année qui a vu partir le premier chargement de gaz naturel liquéfié sur le méthanier « Princess » à partir de l’usine La Camel vers la Grande-Bretagne. En 1965, ce fut le méthanier « Jules Verne » qui chargeait la première cargaison de GNL vers la France. En 1972, c’est la ville de Boston aux Etats-Unis qui recevra sa première cargaison de GNL à partir d’Arzew.

Par ailleurs l’Algérie qui voit sa consommation domestique du gaz naturel augmenter cherche à renouveler ses resserves et mettre pied dans la géopolitique des gazoducs.  « Nous travaillons pour renouveler nos réserves de pétrole et de gaz qui ont décliné cette dernière décennie », avait affirmé Kamel Eddine Chikhi lors de sa nomination à la tête de Sonatrach.

En effet, lancé en 2002 le « Trans-Saharan Gas-Pipline », un méga gazoduc inscrit dans le cadre des projets structurants du Nepad (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) devrait mettre l’Algérie parmi les pays pivot qui assurerait l’approvisionnement de l’Europe en Gaz Natuel. Ce gazoduc devait acheminer 20 à 30 milliards de m3 de gaz naturel du Nigeria vers l’Europe via l’Algérie et le Niger. Estimé, alors, à plus de 10 milliards de dollars, la réalisation de ce projet colossal et ambitieux a été retardée pour des questions de sécurité, selon certains analystes.

En outre l’autre élément qui devrait faire partie d’une stratégie plus globale de politique énergétique du pays et l’énergie renouvelable.  Cette stratégie repose d’abord sur l’impératif du changement du model de consommation locale de l’énergie. Le pari sur l’augmentation de la production de l’énergie renouvelable vise non seulement à alléger la demande locale sur le gaz pour en exporter plus mais il vise également l’exportation de l’électricité .

Le Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, a été  créé  récemment il est chargé de la  conception d’une stratégie nationale de développement de ce secteur.  regroupant des experts de différent secteur économique Il est également appelé à être un instrument d’aide à la mise en œuvre et à l’évaluation de la politique nationale dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.


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