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Obsèques du chef de l’armée Algérienne, le deuil est forcément ailleurs

Par Ahmed Zakaria

Les obsèques du chef d’état-major, de l’armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah, décédé lundi dernier à l’âge de 79 ans suite à une crise cardiaque, ont eu lieu ce mercredi, au cimetière d’El Alia. Une présence massive de citoyens venus lui rendre un ultime hommage, digne d’un héros national.

Dès les premières heures de la matinée les algériens venus de toutes les villes du pays ont déferlé sur la capitale, certains ont passé la nuit près du cimetière d’Alya, d’autres devant le palais du peuple, où la dépouille allait être exposée pour les derniers adieux.

Des dizaines de milliers, ont accompagné le cortège funéraire tout au long du trajet de 10 km, séparant le palais du peuple du cimetière, sur fond des chants à la mémoire du défunt. Les jeunes scandaient des chants à l’unisson comme pour repousser le deuil ailleurs ;  chez « ceux semaient le doute sur les liens indéfectibles entre les algériens et leur institution de l’armée républicaine issue du peuple»    

 

Le président de la république Abdelmadjid Tebboune ainsi que le nouveau chef de l’état-major qui fait sa première apparition publique, accompagné d’autres hauts gradés de l’armée, ont été aux premiers rangs des personnalités venues rendre un dernier hommage à Gaid Salah.  Une impressionnante foule attendait  déjà à l’entrée, pour attendre le départ du cortège qui a sillonné les rues de la capitale, drapé des couleurs de l’emblème nationale et les youyous provenant des balcons des immeubles et les abords des rues jusqu’à l’avenue de l’ALN.

Dès l’annonce de sa mort ce lundi 23 décembre, des centaines de tentes et de chapiteaux ont été spontanément installés par les habitants de quartiers, pour rendre le dernier hommage à son âme.

Plusieurs fois durant le trajet, le cortège funèbre était obligé de réduire la vitesse, car bloqué par les jeunes qui se sont livrés à un véritable marathon sur la dizaine de Kilomètres du trajet menant au cimetière Al-Alya.

Plus le cortège ne se rapproche du cimetière, plus la foule grandi sur la chaussée, alors que ceux qui ne pouvaient pas courir se sont amassés aux abords de l’autoroute ou sur les ponts, faisant le salut militaire.

A  Al Mohammedia, quartier limitrophe du cimetière, il n’y avait déjà plus d’espace libre pour contenir l’affluence. Les jeunes s’accrochaient aux murs de la clôture, sur les arbres, terrasses d’immeubles et même sur les cimes des arbres du cimetière. Les plus futés se sont carrément agrippés au  char qui transporte la dépouille, sous les regards de la garde républicaine qui a laissé faire.

Il faut dire que par le nombre frappant d’algériens sortis ce mercredi,  Ahmed Gaïd Salah a eu droit aux meilleurs adieux que beaucoup de chefs ont souhaité qu’il leur soit réservé, mais sont sortis par la petite porte.

Dès les premières semaines du Hirak, Gaïd Salah était présent presque deux fois par semaine, jouant tantôt sur sa casquette de militaire en tant que chef de l’institution militaire, tantôt sur celle politique en tant que vice-ministre de la défense. Tous ses discours faisaient allusion, d’ailleurs à la situation sécuritaire et géopolitique extraordinairement complexe.

https://www.youtube.com/watch?v=Urks2WXEbro

Pour lui, comme pour une bonne partie des algériens, le pays est visé par des tentatives de déstabilisation menée par les résidus du système obéissant à des agendas étrangers. Ces derniers après avoir échoué à provoquer la confrontation entre l’armée avec le peuple, se sont livrés à une compagne en règle de dénigrement à l’encontre de cette institution. Les slogans de  «Djeïch, Châab, Khawa, khawa le peuple et l’armée sont frères», ont laissé place à des appels aux meurtres à partir de Londres  . D’ailleurs beaucoup d’entre eux portent encore les traces du «miel» de la Issaba (le clan mafieux), sur leur bouches qui avec véhémence inouïe, multipliait des rumeurs déstabilisatrice pour être relayer par la suite, par les médias des pays de OTAN et ses états supplétifs, concessionnaires des printemps colorés.

Ces réseaux ont fait de Gaïd Salah, un monstre et un coléreux, chef autoritaire d’une «armée d’occupation».  Du jamais vu. De surcroît, les réseaux sociaux l’ont accusé d’être  «largement impliqué dans les réseaux mafieux et les circuits de corruption. Il faudrait ajouter qu’il aurait été inféodé aux Émirats arabes unis, où il aurait caché sa fortune » s’est étonné le journaliste Abed Charef sur les colonnes de Middleeasteye.

« Pendant toute l’année 2019, durant laquelle il a été au premier plan de l’actualité, cette image ne l’a pas quitté. Il a eu beau prendre des décisions incroyables, il n’a pas réussi à s’en débarrasser. La presse algérienne a longtemps présenté certains personnages sulfureux comme des proches d’Ahmed Gaïd Salah. Des journaux très sérieux, y compris à l’étranger, ont répercuté cette propagande très puissante : en décembre, le très austère Le Monde affirmait que l’un des ministres jugés à la veille de l’élection présidentielle, Abdelkader Zaalane, était son gendre». Ce qui était faux, va-t-il conclu.

Cet acharnement qui frôle la frénésie entretenu par des «représentants» autoproclamés du Hirak, qui soit dit en passant, ont tout fait pour empêcher le Hirak de se structurer, a fini par produire l’effet inverse.

 

Les centaines de milliers d’Algériens qui ne veulent d’ailleurs, ni d’un Etat militaire ni mafieux, ont accompagné Gaïd Salah à sa dernière demeure, offrent irrémédiablement une légitimité populaire en contrepartie aux efforts consentis par l’institution militaire pour l’avoir accompagné. Les  couches populaires venues de toutes les régions, issues de toutes les

couches sociales, ont également, offert aux nouveaux membres du haut commandement qui ont pu se mêler à la population par la force des circonstances funèbres, l’occasion de mesurer le soutien dont ils jouissent.

A peine dix jours après son investiture Le président Abdelmadjid Tebboune, sera plus fort que jamais et Gaïd Salah aura quitté notre monde en ayant remis le pays dans un cadre légale dans lequel les algériens doivent décider de leur avenir sous les principes de  la république proclamée dans la déclaration  du 1 novembre 1954 fondatrice de l’idéal républicain algérien avec toutes ses diversités et ses constances.

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