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« Mansour’s Eyes », du romancier Ryad Girod publié aux Etats-Unis

Maghrebfacts

Le roman « Les yeux de Mansour » de l’écrivain algérien Ryad Girod a été traduit et publié aux Etats-Unis sous le titre « Mansour’s Eyes », annonce l’éditeur américain « Transit Books » sur son site de vente en ligne.

Le roman dans sa version traduite vers l’Anglais par Chris Clarke n’est pour le moment disponible à la vente qu’en format numérique alors que le livre en version papier est quant à lui annoncé pour le 14 juillet prochain.Sorti en Algérie en 2018 aux éditions Barzakh, « Les yeux de Mansour » avait reçu le Grand Prix Assia Djebar du roman avant d’être publié en 2019 en France.

Ce roman interroge notre époque à travers les yeux de Mansour, un « idiot magnifique », descendant de l’Emir Abdelkader qui perd progressivement ses capacités intellectuelles. Il vit en Arabie Saoudite où il fait fortune comme d’autres expatriés avant que la maladie n’ait raison de son cerveau.

 

Comme de nombreux jeunes Saoudiens, Mansour et Hussein tuent le temps en faisant des tours en voiture. L’alcool, le sexe, l’argent, les réseaux sociaux leur donnent autant de rêves de grandeur que leur nostalgie romantique pour les grands hommes et les grands moments de l’histoire arabe, telles que les épopées d’Abdelkader et d’al-Hallaj, l’autre Mansour exécuté en place publique, en 922, à Bagdad. Une citation de celui-ci était déjà placée en exergue du premier livre de Ryad Girod, Ravissements (José Corti, 2008) : « Si tu veux comprendre ce que je dis, prends quatre oiseaux, relâche-les et regarde-les voler ! »

Condamné à mort pour hérésie, Mansour, innocent et coupable à la fois, illustre la figure sacrificielle et convoque les grands maîtres soufis dans une longue marche funèbre relatée par son ami et qui va d’une histoire d’amour atypique et innocente vers une mise à mort publique. Comme de nombreux jeunes Saoudiens, Mansour et Hussein tuent le temps en faisant des tours en voiture. L’alcool, le sexe, l’argent, les réseaux sociaux leur donnent autant de rêves de grandeur que leur nostalgie romantique pour les grands hommes et les grands moments de l’histoire arabe, telles que les épopées d’Abdelkader et d’al-Hallaj, l’autre Mansour exécuté en place publique, en 922, à Bagdad. Une citation de celui-ci était déjà placée en exergue du premier livre de Ryad Girod, Ravissements (José Corti, 2008) : « Si tu veux comprendre ce que je dis, prends quatre oiseaux, relâche-les et regarde-les voler ! »

Né en 1970 à Alger où il vit et travaille, Ryad Girod est professeur de mathématique, il a enseigné à Ryad et à Paris. Il est l’auteur de deux récits « Ravissement » (2008) et « La fin qui nous attends » (2015).

Ryad Girod, Les yeux de Mansour.  224 p.


« Ça ne devrait plus tarder » : « ça », c’est la décapitation publique de Mansour, l’ami du narrateur, Hussein. On ne sait pas encore pourquoi un tribunal des mœurs de Riyad l’a condamné. Tout au long de ce récit plongé dans l’ordinaire terrifiant du contrôle des corps, des mœurs et des idées, la foule scande « Gasouh ! Gasouh ! » (« coupe-le ! coupe-le ! »). Mais si les premières lignes font écho aux dernières de L’étranger d’Albert Camus (« Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine »), ce n’est pas seulement parce que, comme Meursault, l’énigmatique et absent Mansour va être exécuté. C’est surtout parce que lui aussi est radicalement étranger au monde et laisse exister son incompréhension ; parce qu’il est lui-même sa propre étrangeté et sa propre incompréhension. Frappé d’une maladie dégénérative, Mansour devient « muet et effaré ». Jugé « ignorant » et « mécréant », ce descendant du chef religieux et politique algérien Abdelkader, qui a en commun avec lui un strabisme, est condamné pour être ce qu’il est ; martyr de l’idiotie en quelque sorte.

Dans l’ennui des shopping-malls géants et des villas climatisées, Mansour entre au service de Stan et Nadine, un couple d’expatriés qui seraient caricaturaux s’ils n’existaient pas un peu partout dans le monde. Comme de nombreux jeunes Saoudiens, Mansour et Hussein tuent le temps en faisant des tours en voiture. L’alcool, le sexe, l’argent, les réseaux sociaux leur donnent autant de rêves de grandeur que leur nostalgie romantique pour les grands hommes et les grands moments de l’histoire arabe, telles que les épopées d’Abdelkader et d’al-Hallaj, l’autre Mansour exécuté en place publique, en 922, à Bagdad. Une citation de celui-ci était déjà placée en exergue du premier livre de Ryad Girod, Ravissements (José Corti, 2008) : « Si tu veux comprendre ce que je dis, prends quatre oiseaux, relâche-les et regarde-les voler ! »

 

 

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