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Les Pyramides algériennes des énigmes vieilles de 16 siècles

Ces 13 édifices millénaires de pierre, uniques en Algérie et au Maghreb, étaient des monuments funéraires. Elles ont été construites entre le 4e et le 7e siècle près de Tiaret.  Jusqu’à présent, les avis divergent sur les dignitaires de l’époque qui y furent inhumés.

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Par | Heeba Nawel


Ces majestueux monuments « djeddars » atteignent jusqu’à 18 mètres de hauteur avec une base variant entre 11,5 m et 46 m de côté. Il sont érigés sur deux collines distantes de 6 km près de Frenda, -wilaya de Tiaret 274Km d’Alger– les trois plus anciens sur le djebel- Lakhdar et les dix autres sur le Djebel-Araoui. 

Le territoire algérien Nord, de l’est à l’ouest est parsemé de ces édifices funéraires dont la plus célèbres sont les pyramides d’Imedghassen à Batna au Aurès (3e siècle av. JC) et le Mausolée royal mauritanien « tombeau de la Chrétienne », (1er siècle av. JC) à Tipaza, à 100 KM de la capitale, le tombeau Massinissa, premier roi de la Numidie unifiée (2e siècle av. JC, . La plupart sont classés par l’UNESCO, patrimoine culturel de l’humanité.



La plus ancienne description écrite connue des djeddars est celle de l’historien Ibn Raqiq, au 11e siècle, rapportée au 14e par Ibn Khaldoun. Mais les objets et ossements trouvés à l’époque coloniale ont été emportés en France


Ce n’est qu’au 19e siècle, avec les premières fouilles archéologiques modernes en Algérie qui accompagnent la colonisation française, que les Djeddars de Tiaret ont suscité l’intérêt de fonctionnaires français. Les fouilles ont exploré neuf des treize sites, à partir de 1865. S’en est suivi un pillage méthodique de ce patrimoine suisvi par l’abandon. Ainsi, les archives, les objets et ossements trouvés dans certains à l’époque coloniale, ont été emportés en France

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Il fallut ensuite, attendre les travaux de l’archéologue algérienne Fatima Kadra – décédée en 2012, pour élucider certains de leurs mystères. Fatima Kadra a étudié en profondeur à la fin des années 60, ces sites. Ces recherches ont ouvert la voix à d’autres, qui même pas très encouragés, ont pu contribué à améliorer considérablement les connaissances. Mais beaucoup reste à faire.

L’exploration a permis la découverte d’une ou plusieurs pièces que renferment les piramydes. Le nombre de pièces peut aller jusqu’à 20 comme c’est le la cas la plus grande. Ces chambres sont reliées par un système de galeries laissant penser à des sépultures collectives. Certaines pièces sont dotées de banquettes, de possibles lieux de culte funéraire, selon certains chercheurs.

Les entrées des »djeddars« , en pierre avec des portes, sont sculptés de motifs traditionnels chrétiens mais aussi de scènes de chasse ou de figures animales.

Elle sont également ornées d’inscriptions probablement latines et grecques ce que d’autres contestent. Al’époque avec le déclin de Rome, les dignitaires de la Numidie n’avaient pas de problème d’associer les écritures ou les ornements locaux avec ceux romain et grecs.

Le pillage et la détérioration des djeddars au fil du temps compliquent la tâche des chercheurs. Leurs état de détérioration risque de compromettre les fouilles futures qui pourraient aboutir sur des restes.

Depuis 1980 l’université algérienne dispose de département d’archéologie, afin de rattraper le retard,. Il serait temps de former des archéologues des anthropologues et des chercheurs spécialisés dans ce patrimoine, afin de le réhabiliter et surtout percer les mystères d’une des époques glorieuse de l’Histoire du pays.

Le Centre national pour la recherche préhistorique, anthropologique et historique (CNRPAH), fait depuis quelques années, beaucoup d’éffort pour préserver ce patrimoine millénaire. Il a été à l’origine de la préparation du dossier à soumettre à l’Unesco. A Frenda, une vingtaine d’étudiants en archéologie et leurs professeurs se penchent depuis plusieurs années, à l’un des plus anciens djeddars. Ils relèvent et répertorient les dégradations en espèrant encore plus d’aide, pour faire de ces monuments une valeur ajouté à notre patrimoine.

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