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Le MDN tire la sonnette d’alarme

L’Armée au centre d’un complot

Par Ahmed KACI

Bonne nouvelle : l’armée est déterminée à appliquer l’article 102 et redonner la parole au peuple conformément aux articles 7 et 8 de la constitution qui stipulent que « Le peuple est la source de tout pouvoir». Pouvoir qu’il exerce « par l’intermédiaire des institutions qu’il se donne » et de ses «  ses représentants élus ».

C’est en substance le message fort à retenir du dernier communiqué du Ministère de la Défense Nationale (MDN) rendu public aujourd’hui. Communiqué qui intervient au lendemain de grandioses marches populaires sur tout le territoire national et, en particulier, dans la capitale où la mobilisation a été encore plus forte que les week-ends précédents. Mais aussi au moment où les soutiens du président Bouteflika s’effritent les uns après les autres. A telle enseigne, qu’un représentant d’un des partis engagés en faveur du cinquième mandat, est allé jusqu’à qualifier le régime du président Bouteflika de « cancer ».

Pourtant, le dernier communiqué diffusé par l’Armée ne manquera pas de susciter des questionnements au sein de l’opinion algérienne eu égard aux révélations sur des « réunions suspectes »  allant à « l’encontre de la légalité constitutionnelle », mais surtout qui vise directement l’ANP. A en croire certains médias, c’une réunion organisée entre des représentants de la présidence, de l’ex homme fort du DRS, le général Toufik, et des personnalités dites de la société civile, à la résidence présidentielle de Zeralda, pour s’accorder sur une feuille de route de sortie de crise, qui aurait déclenché l’ire de l’état-major de l’ANP.

Vu la teneur du communiqué, il semble plus qu’improbable que la réaction du MDN soit provoquée par cette réunion. En effet, le communiqué semble désigner surtout  des « parties malintentionnées » qui préparent un « un plan visant à porter atteinte à la crédibilité » de l’Armée. Celles-ci mèneraient, en outre, une « campagne médiatique virulente » contre l’institution militaire qui demeure une « ligne rouge ».  Faut-il rappeler que lors de sa déclaration appelant à la constatation de l’inaptitude du président, le chef d’état-major avait déjà souligné que les « marches pourraient être exploitées par des parties hostiles et malintentionnées, aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur, qui usent de manœuvres douteuses visant d’attenter à la stabilité du Pays ».

Aussi, est-il loisible de constater, suite à l’annonce du chef d’état-major, une réaction irrationnelle, voire une panique s’est saisie des réseaux sociaux des liés à l’actualité algérienne et immédiatement relayée par de nombreux médias et activistes rejetant en bloc la solution par le biais de l’article 102 et mettant en avant l’exigence d’une période de transition que chapeauterait des « personnalités nationales ». Aussi paradoxale que cela puisse paraître, ceux-là mêmes qui n’ont eu de cesse de réclamer la destitution de Bouteflika par l’activation de l’article 102, se transforment-ils soudainement en opposants à son application. Le rejet de la mise en œuvre de l’article 102, ainsi que la campagne de propagande, qui a ciblé la personne du chef d’état-major de l’ANP, paraît tout sauf innocente. Elle vise, en réalité, l’ANP en tant qu’institution qui demeure attachée à la légalité constitutionnelle et principalement sa relation de plus en plus fusionnelle avec le peuple.

Ceci étant dit, et, malgré la brutalité et les excès de cette propagande ouvertement hostile à l’Armée, elle n’a pas eu l’effet escompté. Vendredi, l’écrasante majorité du peuple, sortis manifester, a continué à scander « Djeich chaab khawa khawa ». Au moment où nous mettons en ligne cet articles, des centaines de jeunes sont descendus dans la rue à Alger pour renouveler cette relation particulière qui lie le peuple à son armée.

La récente sortie de l’armée et son souhait d’aller vers une sortie rapide et constitutionnelle à la crise ne peut vraisemblablement s’expliquer que par des informations en sa disposition sur les agissements des réseaux de déstabilisation et de guerres hybrides au sein du mouvement populaire que l’entêtement de Bouteflika et de ses derniers soutiens ne font qu’encourager.

Il faut dire que si les agents, notamment ceux formés par OTPOR, aiguillonnées par les surenchères des réseaux AMG (acronyme d’Al Magharebia), des islamistes de Rachad, ainsi que le travail de sape des séparatistes du MAK, venaient à opérer leur OPA sur le mouvement, on aboutira très vite vers un blocage généralisé du pays et de ses institutions. Un blocage que semble bel bien dessiner le slogan « yatnahaw ga3″ qui veut dire littéralement « tous doivent être arrachés ».  Ce n’est plus la révolution qui est visée, mais l’existence même de l’Algérie en tant que nation qui est en jeu.

A.K.

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