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L’Algérie garantit à l’Espagne tout l’approvisionnement en gaz, mais via Medgaz

ALGER- L’ensemble des approvisionnements de l’Espagne en gaz naturel algérien sera assuré à travers le gazoduc Medgaz, a assuré jeudi à Alger le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, mettant en exergue le récent projet d’extension de la capacité du ce gazoduc reliant directement les deux pays. Cette déclaration sonne comme le signe de la décision de l’Algérie de se passer du gazoduc Maghreb-Europe, qui relie l’Algérie à l’Espagne, en passant par le Maroc dont le contrat arrive à terme dans deux mois?


Par Ahmed Zakaria


M.Arkab, qui recevait, au siège de son département ministériel, l’ambassadeur d’Espagne en Algérie, Fernando Moran, a affirmé « l’engagement total de l’Algérie de couvrir l’ensemble des approvisionnements de l’Espagne en gaz naturel à travers le Medgaz », selon un communiqué du ministère.

Lors de cette rencontre, les deux parties ont examiné les relations de coopération entre l’Algérie et l’Espagne dans le domaine de l’énergie, « qualifiées d’excellente, notamment celles relatives à l’approvisionnement en Gaz Naturel du marché espagnol à partir d’Algérie », souligne le communiqué.

A cet effet, le ministre s’est félicité de l’état « excellent » des relations entre les deux pays dans ce domaine et a réitéré « la volonté de l’Algérie à renforcer ces relations et à promouvoir le partenariat entre les deux pays pour le bénéfice des deux parties ».

S’agissant du domaine des hydrocarbures, M. Arkab a rappelé « les efforts déployés par l’Algérie pour garantir la sécurité des approvisionnements en gaz naturel du marché espagnol à travers les importants investissements consentis pour acheminer dans les meilleures conditions le gaz naturel sur ce marché ».


Mohamed Arkab le ministre de l’Energie et des Mines reçoit son excellence, l’ambassadeur d’Espagne en Algérie.

A ce titre, le ministre a « mis en exergue les récents projets initiés, à l’image du projet d’extension de la capacité du gazoduc Medgaz reliant directement l’Algérie à l’Espagne ».

M.Arkab a également mis l’accent sur les capacités dont dispose l’Algérie pour répondre à la demande en gaz « de plus en plus croissante » des marchés européens et plus particulièrement le marché espagnol et ce grâce à la flexibilité en terme de capacités de liquéfaction dont le pays dispose.

Le ministre a abordé également la nouvelle loi sur les Hydrocarbures et sa portée sur le partenariat, en invitant les compagnies espagnoles à renforcer d’avantage leurs présence en Algérie et bénéficier des avantages offerts par la nouvelle législation.

L’incertitude concernant l’approvisionnement en gaz naturel de l’Algérie s’était accrue ces derniers jours en raison de la rupture diplomatique entre le Maroc et l’Algérie, depuis la trajectoire du gazoduc Maghreb-Europe (GME) – qui depuis sa mise en service en octobre 1996 achemine des millions de mètres de gaz vers l’Espagne – il traverse le territoire marocain.

Bien que le flux de n’ait été interrompu à aucun moment, la possibilité d’un changement significatif de ses conditions et même de la fermeture se profile désormais plus fortement, car le contrat signé expire le 31 octobre sans que les négociations pour le prolonger ne semblent progresser.

L‘humeur diplomatique abrupte de la partie marocaine n’a pas rassurer la partenaire espagnole suite au coup de froid qui s’est jeté entre les deux pays à cause des positions de Madrid concernant la question du Sahara Occidentale. Après avoir lâché des milliers de familles marocaine vers les territoires espagnoles, comme moyen de pression sur Madrid la Maroc a laissé comprendre à l’Espagne qu’il pourrait de son côté, couper les vannes du gazoduc Maghreb-Europe . Cette menace a inquiété à juste titre, les dirigeants espagnoles d’autant plus que la diplomatie marocaine a depuis le tweet de l’ancien préident américain Trump et sa normalisation avec Israël, multiplié les décisions diplomatiques hasardeuses et impromptues, plus particulièrement avec l’Algérie et l’Allemagne.

La semaine dernier, l’Office des Hydrocarbures et des Mines, marocain , avait assuré que le royaume était favorable au renouvellement du contrat de la soi-disant « autoroute du gaz », marquant un retournement à 360° par rapport aux menaces de fermer les vannes trois mois plutôt, proférées par la diplomatie de Nacer Bourita. Cela d’autant plus qu’après plus de deux ans de négociations, l’absence de contacts et le retard des autorités marocaines à renouveler la concession est une réalité qui a tenu en haleine tant les sociétés impliquées – principalement Naturgy et la portugaise Galp – que les gouvernements algérien et espagnol. 

Conscient de l’instabilité de la politique étrangère de Mohamed VI qui semble avoir perdu le contrôle de ses institutions tombées entre les mains de lobbies, les deux parties, l’Espagne et l’Algérie ont manœuvré pour contourner cette situation.

En avril de l’année dernière, la société Naturgy   présidée par Fernando Reynés a annoncé l’acquisition à Mubadala, le fonds d’investissement de l’émirat d’Abu Dhabi, pour 445 millions d’euros de sa participation de 34% dans Medgaz  portant ainsi sa participation dans le gazoduc à 49 % . En juillet dernier, Naturgy et Sonatrach, qui a porté sa participation à 51%, ont convenu de démarrer le transport direct du GNL à dès l’automne.

L’Algérie est le huitième producteur de gaz au monde et le troisième fournisseur de l’UE.  En Espagne, l’essentiel du gaz consommé provient d’Algérie via deux gazoducs : le Duran-Farell, et le MEDGAZ, de Beni-Saf à Almeria.

L’alliance entre la compagnie nationale des hydrocarbures d’Algérie, Sonatrach, et Naturgy  ouvre de nouveaux horizons pour les deux groupes, et renforcé les relations bilatérales, ce qui permettrait à l’Algérie de se consolider en tant que partenaire important de l’Espagne.

 L’ Espagne pourrait dans la cadre du projet européen ‘d’intérêt commun’ au sein des réseaux énergétiques transeuropéens, jouer également un rôle très important pour renforcer la position de l’Algérie sur le vieux continent et le marché mondial du gaz. Elle pourra fournir du gaz algérien à l’UE, qui d’ici 2030, devra augmenter les mètres cubes annuels de gaz importé. 

Les tensions avec la Russie ont poussé les dirigeants européens à multiplier leurs fournisseurs. Une augmentation des importations de gaz via les Pyrénées contribuera à libérer le potentiel gazier algérien qui représente les 8e plus grandes réserves de gaz au monde ».  avait déclaré le Financial Times.

L’Algérie vend déjà du gaz à l’Italie et à l’Espagne. En 2013, le pays a exporté environ 50 milliards de M3 de gaz naturel dont respectivement 45% vers l’Italie et 25% vers l’Espagne.


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