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Forum des pays exportateurs de gaz: quel rôle pour l’Algérie dans la carte mondial de l’énergie?

La visite du président Tebboune au Qatar en plus de son objectif d’assurer le succès du prochain sommet arabe à Alger, revêt une importance stratégique pour le repositionnement de l’Algérie en tant qu’acteur incontournable dans la recomposition de la carte énergétique mondiale. Lors du sommet des pays exportateurs de gaz, l’allocution du président algérien portait un message quant au rôle futur de cet OPEP du GAZ, qu’il faut coûte que coûte lui épargner les pressions que subit le cartel pétrolier au détriment des intérêts des pays producteurs. Qui sont donc ses grands acteurs ? Comment pèseront-ils sur l’échiquier géopolitique mondial ? Quel rôle pour l’Algérie dans le micmac mondial de l’énergie, sur fond de la crise ukrainienne ?  
MF

PAR | HEEBA NAWEL


Le Sommet des pays exportateurs de gaz mardi dernier à Doha, capital du Qatar, intervient dans un contexte géopolitique critique sur fond d’enlisement de la crise ukrainienne, qui à elle seule, canalise toutes les caractéristiques d’une guerre froide, avec comme principaux enjeux , l’énergie et le transit du gaz, dont les pays réunis au Qatar, s’accaparent les ¾ du volume mondial.

Ensemble, le forum des pays exportateurs du gaz (FPEG) représente 71% des réserves mondiales prouvées de gaz naturel, 43% de sa production commercialisée, 58 % des exportations de GNL et 52 % du commerce par gazoducs, selon les données fournies par le site web du CEFG.  Il s’agit du Qatar, Russie, Iran, Algérie, Bolivie, Egypte, Guinée équatoriale, Libye, Nigeria, TrinitéetTobago et Venezuela– et sept pays associés représentent 70% des réserves prouvées de gaz et 51% des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié.

Le monde entier et plus particulièrement l’Europe a donc, suivi de très près, l’issu de ses réunions et a palpé ses coulisses et les résultats des alliances bilatérales et multilatérales qui pourraient aboutir à son terme.  

La reconnaissance par la Russie, de l’indépendance des deux républiques autoproclamées du Dombass a bousculé la monde en direction de la guerre. Cette guerre sera principalement économique, basée sur les sanctions interposées, dont le gaz naturel constituera à la fois, son arme et son principal enjeu.

L‘Europe, l’impuissance ou la résignation


L’Allemagne pourtant le plus grand perdant! a d’ores et déjà annoncé avec résignation, la suspension de l’autorisation du pipeline North Stream II, la Russie assure 66% de ses besoins. Mais les pays européens qui reprochent à leur partenaires anglosaxons de cavaler seuls, au détriment de leurs intérêts, pourront-ils tenir indéfiniment à l’impact du chamboulement du marché de l’Energie en adoptant une politique commune, alors que leurs besoins respectifs sont très hétérogènes ? la Lettonie se fournit ainsi, exclusivement (100%) chez les Russes, La Finlande presque autant, la Pologne (55%) la France 20%., Alors que les États-Unis ne fourni que (6,3%) et le Qatar (4,3%).

A Ce titre, et à l’issu de sa rencontre avec Joe Biden, l’Emir de Qatar s’est engagé à répondre aux appels du marché Européens mais en dépit de ses colossales infrastructures, il ne peut combler le déficit, en cas de déclanchement de sanctions contre Moscou.  

Le bras de fer géopolitiques entre La Russie et les Etats-Unis sur le sol Européen a déjà eu des conséquences directes, sur les économies du vieux contiennent avec l’augmentation généralisée des prix de l’énergie.

une opportunité pour l’Algérie, l’Iran et le Qatar..
Tebboune va-t-il réussir à réaliser l’impensable?

Des experts proches du dossier affirment que cette crise pourrait constituer une chance pour des pays comme l’Iran, l’Algérie et le Qatar qui ont intérêt à se s’allier pour mieux conforter leur place sur la carte mondiale de l’énergie qui se dessine.


Américains et européens comptent beaucoup sur la Qatar et l’Algérie qui se sont engagés à « œuvrer pour la stabilité de ce marché stratégique ». Combler le vide laissé par le géant russe nécessite toutefois, beaucoup de moyens et du temps pour accroitre les infrastructures de liquéfaction ainsi que son transport. Pis encore, il ne faut surtout pas ce forum se transforme en un outil de guerre pour exclure un partenaire solide et fiable comme la Russie.

Des experts proches du dossier affirment que cette crise pourrait constituer une chance pour des pays comme l’Iran, l’Algérie et le Qatar qui ont intérêt à se s’allier pour mieux conforter leur place sur la carte mondiale de l’énergie qui se dessine.

Dans ce sens, les experts algériens voient en la signature de l’important accord algéro-qatari pour l’ouverture de lignes de transport maritimes entre Alger et Doha, une opportunité pour transférer le GNL qataris. cet possibilité serait même imminente. Les infrastructures et l’expertise que possède l’Algérie conjuguée par les capacités financières de Doha permettront sa mise en marche en temps record, d’autant plus que l’Europe a mobilisé toutes ses capacité en terme de transport de gaz liquéfié .

Cette ligne pourrait même servir au transport du Gaz iranien, nous dit-on. Le possible retour de l’Iran sur le marché, l’augmentation des capacités de liquéfaction du Gaz par l’Algérie et le Qatar pourraient considérablement combler la carence et réduire l’impact de cette crise, à cours terme.

Par ailleurs l’entrée en scène de l’Iran deuxième producteur mondial après la Russie, dépend toujours, de l’issu des négociations de Vienne sur le nucléaire de Téhéran.. Une levée partielle des restrictions sur ses exportations est envisageable.

Quant à l’Algérie, troisième fournisseur assurant 12% des besoins européens, vient de signer des accords avec la chine pour augmenter ses capacités de du stockage et de liquéfaction de gaz naturel. Ces Mesures pourront augmenter la part de l’Algérie dans le marché du gaz liquéfié, en attendant le lancement du pipeline transsaharien qui reliera le Nigeria aux ports européens via l’Algérie. Ce Gigantesque projet aura une capacité qui avoisinerait les 45 milliards de m3/an.

Il s’agit du seul projet fiable, susceptible d’assurer un approvisionnement stable, permettant à l’Algérie et le Nigéria de détrôner la Norvège qui assure 20,6 du gaz à l’Europe et créer un équilibre salutaire pour l’Europe

C’est dans qu’à travers son allocution lors du forum de Doha, le président algérien a assuré de l’engagement de son pays d’œuvrer pour la stabilité du marché mondial; mais pas que.

En effet, le message de Tebboune était chargé de message clair visant à préserver cette jeune organisation, des pressions qu’a subi l’OPEP depuis sa création. Il a tenu à mettre en garde contre toute tentative d’utilisation de ce forum comme une arme, plutôt qu’un instrument d’équilibre.

Tebboune a rappelé à ce propos, que la priorité pour les pays membres du GECF est d’abord « mobiliser davantage d’acteurs convaincus de l’importance du gaz naturel pour relever les défis actuels et futurs par l’adhésion de nouveaux Etats exportateurs et producteurs de gaz naturel, renforcer leur rôle et préserver leurs intérêts à travers le dialogue avec les Etats consommateurs qui exploitent le gaz comme moteur essentiel pour développer leurs économies ». La position de l’Algérie sonne, vraisemblablement, comme une troisième voix, « non alignée » par rapport aux conflits géologiques sous leurs nouvelles formes.

Le président a dans ce sens souligner l’importance de « trouver ensemble les meilleurs moyens d’assurer au gaz naturel une place dans les systèmes énergétiques et de promouvoir sa valeur sur les marchés internationaux ».

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