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Les révélations de Zeroual impactent significativement l’évolution de la crise

Né le 27 novembre 1947 à Alger au sein d’une famille de résistants.  M. Bouhamidi, Professeur de philosophie, militant syndicaliste et politique, directeur de la culture et chroniqueur.

 

Par: Mohamed Bouhamidi

Mettre fin aux agissements des incendiaires.

Les révélations de Zeroual impactent significativement l’évolution de la crise et la boussole de la mobilisation populaire. 

Le démenti du général Tewfik porté à la déclaration de l’Etat-major de l’armée avait ébranlé l’opinion publique. Depuis il apparaissait que l’Etat-major – il ne s’agit plus de la personnalité controversée ou non de Gaïd Salah – inventait des fakes-news. Ses buts déclarés en devenaient suspects. Beaucoup de citoyens se sont inquiétés des risques d’une ambition de Gaïd Salah de prétendre à la fonction présidentielle. Notre peuple aurait totalement rejeté ce cas de figure et ce rejet lui-même aurait agi dangereusement sur l’unité de l’ANP, c’est-à-dire directement sur la survie de notre État qui en aurait immédiatement implosé.

Journée d’inquiétude que celle d’hier. Les citoyens ne comprenaient pas très bien la présence de Gaïd Salah dans ce nouveau gouvernement déjà rejeté par le peuple pour sa légèreté. Il a fallu quelques débats, la parution de quelques articles de presse, et l’annonce de la démission du président Bouteflika pour comprendre que ce gouvernement est un compromis sur le premier pas de la sortie de crise.

Restait le cas de limogeage de Bensalah et de Belaiz. Les mesures de protection de l’économie nationale et des fuites de devises avaient été visiblement prises avec l’arrestation de Haddad, citoyen anglais, et l’interdiction de sortie des principaux chefs de l’oligarchie y compris les proches des proches de Bouteflika, les Kouninef.

Le démenti du général Tewfik avait tourné notre colère et notre émotion contre Gaïd Salah et contre l’armée. « Méfiance et vigilance » était en quelques heures devenu notre devise, voire notre seule préoccupation.

Le paradoxe a été que nous avons compris tout de suite que nous ne devions absolument pas faiblir dans notre mobilisation et traduire en mots d’ordre nos propres buts indépendants des groupes politiques, des ambitions cachées ou pas des individus, des agents d’Otpor et des ONG. Et pourtant l’alliance avec l’ANP n’a été à aucun moment remise en question.

Mieux, les citoyens, dehors, affirmaient plus fort la nécessité de maintenir un adossement constitutionnel à la transition espérée sans aucune de ces figures de la caste des oligarques.

Nous avons plutôt prêté crédit au démenti du général Tewfk, moi en tous cas je l’ai fait.

Le président Zeroual vient par sa déclaration d’établir le mensonge par omission du général Tewfik qui a démenti cette fameuse réunion ubuesque et burlesque avec d’autres généraux et le commandant Bouregraa. Démenti exact qui cachait la vraie manœuvre, celle de chapeauter notre mouvement par le président Zeroual pour nous mener à confier notre télécommande à … Saïd Bouteflika !

Si Zeroual avait accepté il aurait été de toutes les façons et involontairement ou non redevable à Saïd et … Tewfik. Ni l’un ni l’autre n’étaient et ne sont légalement habilités à proposer des postes et encore moins à projeter la création d’institutions de transition. Zeroual aurait alors commis une faute qui l’aurait enchaîné.

Aujourd’hui, nous apprenons qu’effectivement l’Etat-major disait vrai, au moins en partie car l’entrée en scène de Chorouk News a brouillé les cartes avec ses alertes faussaires aux intrusions militaires à Audin, à la radio-télévision etc.

Il faut quand même noter le culot de Saïd Bouteflika d’oser proposer à un homme de la stature de Zeroual, un contrat aussi foireux et mafieux, mais cela est possible pour tout homme grisé par l’exercice sans frein du pouvoir.

Il est tout aussi étonnant de voir un homme de la carrure du général Tewfik s’allier avec Saïd Bouteflika.

Zeroual refuse le complot.

Le lendemain de cette rencontre, le dimanche 31 mars, le gouvernement Bedoui est formé. L’échec de la manœuvre de Saïd Bouteflika ne lui laisse plus que la voie constitutionnelle pour s’en sortir avec le moins de dégâts ou le plus d’atouts, c’est selon. Donc le gouvernement Bedoui est bien une nouvelle reculade du clan Bouteflika.

 

Reculade avec en toile de fond des attaques répétées contre l’armée via les attaques contre GaÏd Salah. Le 01 avril, cette retraite se confirme avec l’annonce de la démission certaine du président Bouteflika et l’annonce d’autres décision cruciale.

Pourtant le jeu continue. Cela signifie qu’au sein même du cercle rapproché du président, un homme, Saïd continue à jouer l’incendie quitte à brûler le pays.

Il faut donc que notre mobilisation elle-même exige la mise hors circuit de ces forces extra-constitutionnelles et qu’on mette fin aux agissements des incendiaires.

La vigilance ne doit faiblir à aucun moment. Mais plus que jamais nous devons développer notre intelligence de l’instant, c’est à dire de la tactique, des buts immédiats et à court terme et poursuivre avec détermination notre but stratégique : libérer notre État de la caste des oligarques, et de ses tentacules légales, réglementaires et administratives qui lui ont permis de l’asservir, et de l’asservir au profit de la Françalgérie et des multinationales américaines que représente ould-Kaddour.

Je pense que nous devons garder le cap sur les points suivants :

-Aider l’armée à nous aider à mettre bas le pouvoir de la caste après avoir mis bas la gouvernance de son marabout, au-delà de Gaïd Salah qui au fond a quitté le bateau Bouteflika dont il était le principal soutien.

-commencer à rembobiner le film qui nous a menés là où nous sommes depuis 1999, voir 1988.

– Passer à la phase d’organisation des débats sur notre futur quelque soit le nombre de participants puis penser à l’organisation d’associations civiles.

– Exiger plus que jamais la promulgation d’une ordonnance garantissant dès le premier jour de la transition la liberté sans entrave de nous exprimer, de nous associer en partis, de nous réunir et manifester, d’éditer nos médias dans le cadre strict du respect de notre souveraineté nationale.

Moi, j’irai encore manifester pour demander une transition sans Bensalah ni Belaiz, sans Saïd :

-Pour une État démocratique et social,

– Pour une souveraineté intransigeante,

– Pour une économie auto-centrée et protégée,

– Pour des droits sociaux étendus,

– Pour garantir à tous les biens communs que sont la santé, l’éducation, la culture, le sport, l’eau et l’énergie à usage domestique,

– Pour la solidarité avec la Palestine et les pays agressés par l’OTAN, les USA, et les pays du Golfe,

– Pour un monde multipolaire respectueux des nations et des cultures,

– Pour la préservation de l’homo-diversité autant que de la biodiversité.

 

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