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Venezuela: Va-t-on vers un scénario à la syrienne?

Par Ahmed Zakaria

La Maison Blanche semble plus que jamais résolue à expédier un groupe aéronaval au large du Venezuela. Si cela se confirme, quelle sera la réaction de la Russie ?

L’administration de Donald Trump souffle en même temps le chaud et le froid. Tandis que Trump adopte un discours un peu moins virulent, suite à l’entretien téléphonique avec Poutine, son secrétaire d’Etat Mike Pompeo ne veut pas abandonner son tempérament belliqueux.  Les Russes, de leur côté, tentent de réunir une coalition sous l’égide de l’ONU pour éviter un drame semblable à celui de la Syrie.  « Un groupe d’opposition à l’intervention US au Venezuela avait été formé aux Nations unies. La Russie espère que chaque jour, le nombre de pays respectant la Charte de l’ONU augmente », a indiqué le chef de la diplomatie russe.

Le coup d’État raté, la semaine dernière, conçu et dirigé par les États-Unis, a déçu davantage les autorités de la Maison Blanche que leur joker, Juan Guadio et ses partisans.

Après cet échec, les Vénézuéliens et leurs partenaires semblent avoir trouvé un moyen de contourner l’embargo meurtrier, qui a produit une crise humanitaire inégalée. Un accord a été envisagé, préconisant les mêmes procédés utilisés par les Iraniens pour l’acheminement des exportations pétrolières ainsi que le contournement du dollar comme monnaie d’échange.

Ceci a poussé les Etats-Unis à adopter le jeu d’une manière frontale. D’ailleurs, c’est John Bolton qui aurait supervisé l’évolution de la situation dans ce pays. Il a exprimé à l’instar des autres faucons qu’il ne tolère pas la présence des troupes chinoises, russes et cubaines dans ce qu’il considère comme étant l’arrière-cour de l’Oncle Sam.

Les Américains avaient investi sur ce projet puisque Guaido leur avait dit qu’un grand nombre de commandants de l’armée vénézuélienne l’avaient rejoint. Cela avait rassuré la Maison Blanche d’une victoire définitive de leur tentative de coup d’État. Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avaient la mission de mettre en exécution le projet qui a, par contre, échoué. « Certains militaires n’auraient pas tenu leurs engagements » avait déclaré amèrement le président autoproclamé Juan Guaido.

Le scénario syrien est-il possible au Venezuela ?

Cet échec inattendu a conduit le président américain Donald Trump à se douter et se méfier du duo Bolton-Pompeo, d’où sa décision d’ordonner plus de précautions en ce qui concerne les développements au Venezuela. Cela explique également les déclarations contradictoires de Trump et Mike Pompeo.

Le cauchemar de l’expérience en Syrie semble avoir poussé la Maison Blanche à la précipitation. Les jeux sont inversés. Alors que les Américains montent la pression sur les frontières sud de la Russie et en mer de Chine, voilà que l’ours et le dragon se profilent à un jet de pierre de la Californie. L’implication de l’Iran et de Cuba n’a fait que monter encore d’un cran la rage des faucons américains.Le ton était très dur, ces dernières semaines, envers le Venezuela ; les autorités américaines disaient même que toutes les options étaient sur la table, dont une intervention militaire contre ce pays.

Au Venezuela, le cours des événements n’est pas en faveur des États-Unis : après l’échec de sa tentative de coup d’État, la Maison Blanche ressent le danger d’un soutien fort de la Russie, de la Chine et de l’Iran au président vénézuélien Nicolas Maduro qui se considère déjà en guerre : « Le moral doit être au maximum dans cette lutte pour désarmer tous les traîtres, tous les putschistes », a-t-il déclaré, lors d’une visite de Fort Tiuna, la principale caserne du Venezuela. Le pays s’est déjà préparé à « une invasion américaine ». Rappelons que Maduro avait demandé, en juillet 2018, aux forces armées de s’y préparer.

Les médias américains ont rapporté que le chef du Pentagone, Patrick Shanahan, avait tenu une réunion avec Mike Pompeo, John Bolton et l’amiral Craig Faller qui dirige le commandement américain pour l’Amérique du Sud [Southcom], pour discuter de la situation au Venezuela. « Au fur et à mesure que les conditions changent [sur le terrain], nous faisons des modifications et des ajustements », a-t-il dit.

L’une des options la plus envisagée serait le déploiement de forces navales au large du Venezuela. C’est en effet Lindsey Graham, présidant le comité des Forces armées, qui a suggéré cette option, arguant que vis-à-vis de Cuba et de la Russie qui envoyaient des troupes pour soutenir Maduro au Venezuela, les États-Unis n’avaient rien fait que de parler et de sanctionner : « Où est notre porte-avions? », a-t-il demandé.

La Russie évoque désormais la création d’une coalition militaire composée de la Chine, de l’Iran voire de la Corée du Nord pour contrer la guerre américaine. Pour les observateurs, le déploiement des batteries de missiles S-300 au Venezuela et le blocage interne aux tentatives de coup de force US ne laissent aucun autre choix aux Américains que des opérations de débarquement depuis les côtes. Mais ces opérations pourront-elles réussir sans le soutien aérien?

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