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Sahel: Face à « la recrudescence, et la fréquence » des actes terroristes l’Algérie appelle à une riposte panafricaine

 L’Algérie a exprimé sa préoccupation face à « la recrudescence, la fréquence et la gravité » des actes terroristes commis ces dernières semaines dans des pays sahélo-sahariens, exhortant l’Union Africaine à stimuler rapidement un vaste effort de coopération et d’entraide pour préserver la vie et la dignité humaines à travers toute l’Afrique »,


Par A.Zakaria


« La recrudescence, la fréquence et la gravité des actes terroristes que des pays sahélo-sahariens frères enregistrent ces dernières semaines et ces derniers jours inspirent à l’Algérie une vive préoccupation », indique un communiqué du ministère des Affaires Etrangères et de la Communauté Nationale à l’Etranger.

« Ces actes terroristes qui sont dirigés contre des populations civiles prennent les caractéristiques avérées de crimes contre l’humanité et constituent des menaces alarmantes contre la sécurité collective du continent africain et contre la paix et la sécurité internationales », ajoute le ministère.


« L’Algérie condamne vigoureusement les attaques terroristes qui ont de nouveau endeuillé les peuples frères du Burkina Faso et du Mali, après celles qui ont visé le peuple nigérien frère », poursuit-il.

Ramatane Lamamra, chef de la diplomatie algérienne

« L’Algérie qui accueille les structures de promotion de la sécurité panafricaine que sont le Centre Africain d’Etudes et de Recherche sur le Terrorisme (CAERT) et le Mécanisme Africain de Coopération Policière (AFRIPOL) appelle, dans le cadre de son mandat de Coordonnateur de l’Union Africaine pour la lutte contre le terrorisme, à une mobilisation accrue pour opérationnaliser davantage et renforcer la riposte continentale à ce fléau », assure le ministère des Affaires étrangères.

« Dans cet esprit, l’Union Africaine doit pouvoir stimuler rapidement un vaste effort de coopération et d’entraide pour préserver la vie et la dignité humaines à travers toute l’Afrique », conclut-il.

Une Stratégie continentale de lutte antiterroriste est devenue une nécessité  


Avec des attentats presque simultanés au Niger, au Mali, au Bukina Fasso et au Nigéria, la semaine dernière a été particulièrement sanglante. Les populations locales étaient la principale cible des groupes armés qui sillonnent librement un vaste périmètre qui paradoxalement, est jonché des plus grandes bases de contingents militaires des Nations Unis et les armées des pays de l’Otan, notamment la France. Ce qui a suscité les interrogations sur l’efficacité de la présence de forces étrangères dans les zones de conflit. Ces interrogations ont vu leur légitimité se renforcer, dans le fiasco de la présence américaine en Afghanistan et son retrait qui remet 20 ans en arrière l’Afghanistan. c’est à dire le point zéro. L’expérience vacillante des opérations Barkane et Serval au Mali, la Stagnation de la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique), à cause des conflits d’intérêt entre les puissances qui y participent, sont nonplus guère rassurantes.

Selon l’expert international spécialiste des menaces au Sahel et des flux migratoires, Hassan Kacimi « La région du Sahel est devenue, sous couvert de la lutte antiterroriste, un terrain propice aux ingérences afin de s’accaparer et de dominer les richesses souterraines, notamment les minerais et les matières énergétiques ». M. Kacimi a souligné que La militarisation des pays du Sahel est en réalité, « le reflet d’un dogme occidental dont les précepteurs s’emploient à envahir l’Afrique pour la coloniser sous le fallacieux alibi de lutte antiterroriste et de coopération pour le développement durable ».

Il suffit simplement de rappeler ici, poursuit-il, « l’immixtion occidentale en Libye ayant suscité l’explosion du terrorisme au Sahel en le transformant en base arrière du terrorisme international ».

« Le scénario délibéré visant à déstabiliser un continent tout entier et non pas seulement la région du Maghreb, met en évidence des indices puissants et féroces entre deux alliances stratégiques paradoxales imitant le scénario de la guerre froide mettant en conflit les pays libéraux à l’alliance sino-russe », a-t-il conclu.

On n’est pas mieux servi que par soi même


Consciente que les phénomènes du terrorisme et celui de la criminalité transnationale organisée dans la région sahélo-saharienne, doivent être résolus dans le cadre d’une approche globale et intégrée basée sur une synthèse englobant aussi bien l’aspect sécuritaire que celui du développement, l’Algérie soutient l’idée d’une coopération africaine avec une approche globale et une stratégie régionale intégrée pour lutter contre les réseaux terroristes et le trafic d’êtres humains.

Au-delà des facteurs endogènes qui pourraient favoriser la prolifération du terrorisme et de la criminalité transnationale, notamment le manque de vision de développement transfrontalier et inter-régional, la multiplication des ingérences étrangères a toutefois, transformé la région en un champ de bataille géopolitique qui échappe aux pays de la région pour faire face à un carte sécuritaire exceptionnellement mouvante.  

Carte de la connexion entre le terrorisme et la criminalité transnationale

Lors de la réunion des chefs d’État-major des pays membres du Comité d’État-major opérationnel conjoint “(CEMOC), l’Algérie a insisté sur la nécessité d’une coopération franche et à ce que les Etats membres comptent sur leurs propres forces et moyens dans la lutte contre les menaces terroristes.

S’ppuyant sur sa propre expérience de la décennie noire qui s’est achevée par une victoire contre le terrorisme malgré l’ambargo militaire et diplomatique, l’Algérie a souligné que cette coopération entre les pays du CEMOC doit commencer par l’échange de renseignements et la coordination des actions, de part et d’autre, des frontières, en comptant en premier lieu, sur leur propres forces et moyens.

De ce point de vue, la politique étrangère algérienne se concentre sur le renforcement de la coopération avec les pays de la région, notamment dans le volet du renforcement de leurs capacités nationales dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, afin qu’ils puissent focaliser leurs efforts respectifs sur le développement et la construction d’institutions nationales fortes.

Les résultats de cette vison ont dores et déjà commencé à donner leurs fruits puisque les frontières entre l’Algérie et le Niger et la Mauritanie ont été réouvertes et les échanges commerciaux inter-frontaliers ont connu un rebond encourageant en dépit des difficultés.

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