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Réseaux sociaux des armes à destruction variable

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De nombreux comptes Twitter liés à des Etats ou partis étrangers, suspectés de véhiculer de fausses informations, ont été «suspendus de façon permanente». La mesure visait essentiellement des comptes espagnols, émiratis, égyptiens et équatoriens.

Twitter a annoncé, le 20 septembre, avoir supprimé plusieurs milliers de comptes liés à des Etats ou des formations politiques étrangers, et accusés de répandre des fausses informations sur le réseau social. «En accord avec notre politique concernant la manipulation sur notre plateforme, nous avons suspendu de façon permanente tous ces comptes», a annoncé Twitter.

Le réseau social a précisé avoir supprimé 267 comptes émiratis et égyptiens, 4 258 comptes émiratis, 259 comptes espagnols liés au Parti populaire (conservateur), 1 019 comptes équatoriens et six comptes saoudiens, en plus des 200 000 comptes chinois dont le réseau social avait déjà annoncé la suspension en août, en pleine mobilisation anti-gouvernementale à Hong Kong.

Les 267 comptes émiratis et égyptiens étaient impliqués «dans une opération de désinformation visant notamment le Qatar et d’autres pays comme l’Iran». Ces comptes, qui avaient été «créés et gérés» par Dot Dev, une entreprise technologique basée dans ces deux pays, «amplifiaient des messages de soutien au gouvernement saoudien».

Twitter a également suspendu 4 258 comptes fictifs venus des Emirats arabes unis qui auraient propagé de fausses informations sur la guerre au Yémen, dans laquelle intervient Ryad depuis 2015 à la tête d’une coalition en soutien au pouvoir, contre les rebelles soutenus par Téhéran.

Six comptes liés aux médias publics saoudiens ont également été désactivés pour «leurs efforts coordonnés visant à amplifier des messages avantageux pour le gouvernement saoudien». Selon Twitter, les comptes se présentaient comme «des organes journalistiques indépendants tout en publiant des propos favorables au gouvernement saoudien». En outre, le compte de Saud al-Qahtani, ancien conseiller de Mohammed Ben Salmane à la Cour royale déjà interdit de territoire aux Etats-Unis, a été suspendu.

Concernant l’Espagne, les 259 faux comptes gérés par le Parti populaire (PP) «spammaient ou retweetaient pour augmenter la mobilisation», selon Twitter. Les 1 019 comptes équatoriens étaient liés à l’Alianza País, coalition politique au pouvoir. Ils «se concentraient sur des problèmes liés aux lois équatoriennes sur la liberté d’expression, la censure gouvernementale et la technologie».

Des mesures de lutte contre les «fake news» à visée politique ?

Soucieux de répondre à la pression politique de plus en plus importante sur le sujet des fake news, les géants des réseaux sociaux avaient récemment dévoilé de nouveaux outils de contrôle. Le 20 juillet, plusieurs médias iraniens parmi lesquels l’agence de presse privée iranienne Tasnim, s’affirmant liée au ministère de la Défense du pays, parfois décrite comme un organe «semi-officiel» de Téhéran, ou PressTV, média de langue anglaise et française appartenant à l’entreprise publique Islamic Republic of Iran Broadcoasting, avait fait état de la suspension par Twitter de plusieurs comptes de médias de langue farsi, l’idiome majoritaire du pays.

Fin juillet, le réseau social avait également suspendu le compte de l’ambassade russe en Syrie, sans donner aucune explication. «Nous considérons cela comme de la censure et une violation flagrante de la liberté d’expression de la part de l’administration du réseau social», avait alors commenté le ministère russe des Affaires étrangères. Enfin, début septembre, Twitter avait suspendu temporairement des dizaines de comptes de médias et d’organismes officiels cubains. Une «opération de Twitter made in USA pour tenter de faire taire Cuba», selon le ministère de la Culture cubain. Contacté par l’AFP, Twitter avait mentionné ses règles en matière de «manipulation», en particulier l’interdiction d’«amplifier ou perturber de manière artificielle des conversations à travers l’usage de compte multiples».

Dénonçant une «opération de Twitter made in USA pour tenter de faire taire Cuba», le ministère cubain de la Culture a annoncé, le 12 septembre, que le réseau social avait «censuré» les comptes de plusieurs de ses vice-ministres. «Et de nombreux autres comptes ont été bloqués», a ajouté la même source. En fin de journée du 12 septembre, la plupart des comptes bloqués ont été rétablis.

Cette suspension avait débuté le 11 septembre au soir, au moment même où le président Miguel Diaz-Canel s’exprimait en direct à la télévision pour évoquer les pénuries d’essence dans l’île.

Durant cette intervention, «Twitter a suspendu les comptes des principaux médias et sociétés d’information de Cuba», a affirmé le ministère des Affaires étrangères.

«Lors d’une opération évidemment concertée, on a essayé de limiter la parole des révolutionnaires en faveur de la vérité», a-t-il ajouté, alors que le président cubain a dénoncé Washington, à travers ses sanctions, comme responsable des pénuries de carburants.

Twitter se défend et invoque une procédure classique

A l’heure où le chef de l’Etat commençait à s’exprimer, le compte de l’émission a été suspendu, ainsi que celui de la chaîne Canal Caribe, tout comme d’autres comptes de médias officiels, notamment ceux du journal historique Granma ou de la Radio Rebelde.

Les comptes du ministère des Communications, de Mariela Castro, fille de l’ex-président Raul Castro, et du Parti communiste cubain ont aussi été suspendus. «Twitter censure massivement les journalistes et médias de Cuba», a affirmé dans un communiqué l’Union des journalistes de l’île, rappelant que le département d’Etat américain avait monté un groupe de travail sur internet à Cuba, qui «a recommandé en juin d’utiliser le réseau comme autoroute pour la subversion à Cuba».

Contacté par l’AFP, Twitter a mentionné ses règles en matière de «manipulation», en particulier l’interdiction d’«amplifier ou perturber de manière artificielle des conversations à travers l’usage de compte multiples». Sans vouloir donner plus de détails, le réseau social a dit avoir communiqué «les violations de [sa] politique directement aux propriétaires des comptes» concernés. Cuba, pendant longtemps l’un des pays les moins connectés au monde, a fait de l’informatisation une priorité, avec l’arrivée en décembre 2018 d’internet sur les téléphones mobiles (3G). Mais le gouvernement avait rappelé en juillet que ce devait être un «instrument pour la défense de la révolution».

 

Sources/ RT- Agences

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