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Le Grand Musée d’Afrique à Alger: parfaitement dans le « ton » de l’éveil culturel panafricain

C’est une prouesse architecturale et une institution anthropographique d’envergure qui sera érigée à Alger, la porte de l’Afrique. Il est conçu pour consacrer le slogan du grand écrivain algérien Kateb Yacine qui dit que « Nous sommes d’abord Africains » . Avec un style architectural imprégné d’audace, le Grand Musée d’Afrique sera le cœur battant de l’art et de l’histoire et un lieu de pèlerinage pour les anthropologues et scientifiques passionnés par le patrimoine matériel et les cultures hautes en couleurs du contient dit, « noir ».

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Par | Hiba Nawel


La mythique villa Boulkine, dans le quartier d’Hussein-Dey à Alger, dont la construction remonte au XIXème siècle, a été choisie, après une restauration minutieuse, pour l’accueillir avant la réalisation du grand musée, appelé à réaffirmer l’identité et la contribution de l’Afrique au patrimoine civilisationnel mondial.

« Le Grand musée d’Afrique est un projet phare de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA). Il est l’expression éloquente du patrimoine africain dans toute sa richesse historique et culturel et de son influence sur différentes cultures du monde ».

S’étendant sur 5,705 hectares et offrant une vue panoramique sur la baie algéroise, le projet est proposé proposé par l’Algérie. La conception de « sa structure physique affiche avec audace les aspirations de l’Afrique vers un avenir plus grand », soulignent ses concepteurs du projet.  

Le projet qui cherche à rivaliser avec les grands musées mondiaux, se situe en zone de forme sismicité, en bordure de la Mer Méditerranée. Le bâtiment (socle) en béton armé, s’étend sur 4 niveaux en superstructure, avec sous-sol partiel. L’infrastructure sera réalisée avec des bétons spéciaux et cuvelée pour se protéger des eaux marines.

Trois combrières en charpente métallique de dimensions exceptionnelles et de forme géométrique complexe viennent en surplomb du bâtiment

Construit au milieu d’un jardin de 14 Ha, son architecture lui donne des formes et silhouettes changeantes en fonction du point de vue et des différentes heures de la journée. L’ensemble se compose principalement d’espaces d’exposition, d’Ateliers, d’un Auditorium et d’une partie plus centrale comprenant l’Accueil, une cafétéria et un restaurant. Il est destiné à accueillir et exposer les différentes formes d’Art Africain modernes et contemporains. Au Nord, sa terrasse du socle offre une vue panoramique sur la mer méditerranée ainsi que sur le plan d’eau et le jardin composé de plantes africaines, à l’Ouest, sur la promenade de la baie d’Alger, et à l’Est, sur l’embouchure de l’Oued El Harrach.

Un engagement parfaitement dans le « ton » panafricain

Les collections anthropographiques africaines accumulées en Occident durant la période coloniale ont depuis des décennies mises en cause par la jeunesse africaine et des activistes européens, prônant leur restitution comme un acte qui contribuerait à « réparer l’histoire ».

En 2021, des jeunes militants panafricains investi le musée du Quai Branly de Paris, où ils avaient tenté symboliquement, de récupérer un ‘’poteau funéraire Bari du XIXe siècle ’’, pour dénoncer de la dépossession de l’Afrique de ses richesses : « il va retourner à la maison » criait un des militants devant le regard embêté des agents chargés de la sécurité du site. C’était le début d’une longue série de restitutions par les musées européens de œuvres d’arts historique, aux africains.

Dans sa philosophie, GMA s’oppose à la pratique de longue date consistant à présenter les biens culturels africains comme des objets « exotiques » exposés dans beaucoup de musées européens, comme des trophées sans symbolique socioculturelle, qualifiés de terme « art premier ». Une approche colonialiste qui dénigre l’ingéniosité des Africains et éloigne les collections de la réalité vécue de la population.

Après la création, en 2018, du Centre régional de l’Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Afrique, l’Algérie s’engage maintenant dans la concrétisation de ce projet d’envergure continentale.

Ce projet est « la consécration commune de la volonté de tous les peuples d’Afrique de préserver et de promouvoir leurs patrimoines culturels et de le faire connaître aux générations présentes et futures pour une meilleure connaissance de l’Histoire ô combien variée et riche de l’identité africaine », a déclaré Lounès Magramane, secrétaire général du ministère, algérien des Affaires étrangères en présence Minata Samaté Cessouma, commissaire à la Santé, aux Affaires humanitaires et au Développement social de l’UA.

« L’Algérie est déterminée à œuvrer à la réussite de ce projet et à mobiliser tous les moyens nécessaires pour permettre à ce grand musée d’Afrique de s’acquitter pleinement et de façon optimale de son mandat avec l’appui de la Commission africaine et de ses Etats membres. L’Algérie, fière de son appartenance continentale, de son Histoire et de son identité africaine, ne ménagera aucun effort pour protéger le patrimoine culturel dont elle se considère intimement liée, pour valoriser le lègue culturel africain dans toutes ses composantes, pour œuvrer au rayonnement de la culture africaine, prolongement naturel de la culture et de l’identité algérienne », a-t-il ajouté.

« Nous ne pouvons pas construire l’Afrique que nous voulons si nous n’avons pas conscience de ce que nos ancêtres ont fait et de ce que nous allons laisser aux générations futures. D’où la nécessité de réaliser la renaissance culturelle africaine ». L’Afrique regorge de talents dans le domaine des arts et de la culture. Ce grand musée inauguré aujourd’hui contribuera à bâtir l’Afrique que nous voulons. Une Afrique développée et apaisée. Ce musée a une importance pas seulement pour l’Union africaine mais pour tous les États du continent. Ces Etats vont apporter leur contribution en termes d’objets d’art. Je remercie l’Algérie d’avoir accepté d’accueillir ce grand projet africain », a déclaré, pour sa part, Minata Samate Cessouma.

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