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L’Afrique revendique sa place au G20

L’Afrique ne dispose pas de siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, et cette situation risque de durer. L’adhésion à des clubs multilatéraux informels tels que le G20 ou les BRICS pourrait lui permettre de disposer d’une voix alternative, qui serait bien utile pour peser dans les décisions mondiales ?

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CHARM EL CHEIKH (Egypte) | Le président en exercice de l’Union Africaine (UA), Azali Assoumani, a réitéré, mardi à Charm el Cheikh, l’appel de l’Union pour son adhésion au G20, tout en plaidant pour une augmentation des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du FMI au profit des pays les plus nécessiteux du continent.

« L’adhésion de l’Union africaine comme membre à part entière du G20 s’avère plus que nécessaire, nous œuvrons pour aboutir à cette adhésion lors du sommet du G20 en septembre prochain en Inde« , a déclaré le président de l’UA et président de l’Union des Comores, lors de l’ouverture des Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD) à Charm el Cheikh, en présence du président égyptien, de chefs d’Etat et de gouvernement et de quelque 4.000 participants venus de 81 pays.

Insistant sur l’importance pour l’Afrique d’intégrer ce groupe, étant le principal forum de gouvernance économique mondiale, M. Azali a, d’autre part, appelé à l’augmentation des Droits de Tirage Spéciaux du FMI alloués aux pays du continent.

« Lors de sommet du G7 qui vient de s’achever à Hiroshima, j’ai appelé les pays du groupe à soutenir la demande de l’UA pour l’augmentation des droits de tirage spéciaux pour l’Afrique », a-t-il dit estimant que la révision à la hausse de l’allocation de ces droits est « plus que jamais urgente ».

Il a, à ce propos, affirmé son soutien de l’appel du secrétaire général de l’ONU pour « déclencher rapidement et systématiquement, en temps de crise, un dispositif de tirage des droits spéciaux du FMI et de les canaliser rapidement vers les pays qui en ont le plus besoin, y compris par le biais des banques multilatérales de développement », tout recommandant qu’une partie de ces ressources soit acheminée par le canal de la BAD.

La BAD plaide justement pour que l’Afrique reçoive une allocation plus grande en DTS du FMI qui avait injecté, en août 2021 pas moins de 456,5 milliards de DTS (650 milliards de dollars) dans l’économie mondiale, soit la plus grande allocation de l’histoire de l’institution financière.

Cependant, sur ce montant colossal, l’Afrique n’en a reçu que 33,6 milliards de dollars, soit une moyenne de 600 millions de dollars par pays africain, contre une moyenne de 39 milliards de dollars par économie avancée, les DTS étant alloués aux pays sur la base de leur quote-part dans le FMI.

« Ils sont donc alloués inversement aux besoins », observe une experte de la BAD qui suggère de « recycler une partie des DTS des économies avancées vers les plus vulnérables ».

« 50 milliards de dollars de DTS alloués aux banques multilatérales de développement représentent 150 à 200 milliards de dollars d’investissements pour reconstruire plus vert et mieux et s’attaquer aux inégalités mondiales », soutient-elle.

Le droit de tirage spécial (DTS) est un actif de réserve international qui n’est pas une monnaie mais une créance sur les monnaies librement utilisables des pays membres du FMI, basée sur un panier de devises internationales.

La ZLECAF accroitra la contribution des PME africaines à la prospérité du continent

Revenant sur le thème choisi pour cette édition des Assemblée annuelles de la BAD, celui de la mobilisation des financements du secteur privé pour soutenir une croissance verte et durable en Afrique, le président de l’Union africaine a mis l’accent sur l’importance, pour le continent, de bâtir une économie résiliente au climat, à travers « des financement innovants et utilisés de manière équitable et responsable », encourageant la BAD et toutes les autres institutions financières à accompagner le secteur privé africain dans cette démarche.

Il a, par la même, incité les Etats africains à encourager ce secteur et à faciliter ses investissements en lui créant toutes les conditions propices, assurant que la ratification par la majorité des pays africains de l’accord portant création de la Grande Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) offrira une opportunité de développement pour les PME africaines, lesquelles représentent 80% de l’ensemble des entreprises du continent.

Grâce à la mise en place de cet espace de libre échange, les PME africaines « vont pouvoir élargir leur zone d’intervention et accroitre la valeur ajoutée et la prospérité au sein du continent ».

Aussi, les institutions financières bilatérales et multilatérales peuvent apporter leur contribution en fournissant aux entreprises privées les mécanismes de financement d’une croissance amie de l’environnement, a-t-il soutenu.

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