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De l’inquisition (religieuse ou pas)

PAR AHMED HALFAOUI

Comme il en est pour toutes les idéologies liberticides, il doit s’en passer des choses dans la tête d’un inquisiteur. On devrait braquer de puissants projecteurs sur les déterminants de l’inquisition et sur les mécanismes qui leur permettent d’agir et de produire ces dictateurs de l’opinion.


Une constatation empirique révèle que l’inquisiteur se sent menacé dans ses certitudes. Tant pis, si en s’installant dans son processus de répression des différences qui détonnent avec sa conception du monde, il entre en contradiction avec lui-même. Car il reconnaît qu’il a peur que soit remis en cause son confort intellectuel, donc ses certitudes. Du coup, il avoue qu’il n’est pas aussi certain qu’il ne l’est en réalité.

Par exemple, il y a un peu plus de quatorze siècles, des inquisiteurs ont obligé les musulmans à fuir leur ville. Notre inquisiteur, qui se réclame de la foi de ces persécutés, n’en a apparemment pas les mêmes convictions. Ultra minoritaires, ils ont tenu et ont fini par imposer au monde leur droit à la différence. Droit dont notre inquisiteur jouit de nos jours, pour persécuter à son tour, comme les persécuteurs d’hier, ceux qui ne pensent pas comme lui.

Un autre exemple est celui de certains « révolutionnaires », surgis dans le sillage du hirak populaire, qui sans avoir les moyens que peut donner une hégémonie pré établie de leur discours, comme il en est pour ceux qui se posent en gardiens de la religion, développent une virulence sans limites contre tout type de débat, avec à la bouche une panoplie d’insultes en guise de dissuasion. Dans tous les cas, notre inquisiteur n’a pas beaucoup de moyens intellectuels pour affronter sereinement son environnement, soit qu’il ne les a reçus de personne, soit qu’il est incapable de les produire par lui-même, pour se protéger. Alors, il n’a pas d’état d’âme quand il sévit, du moins, tant que sa puissance ne peut faire l’objet d’aucune remise en cause. Même si, en même temps, il exprime ouvertement la self-défense, partant, une faiblesse ou une fragilité émotionnelle.

Oui ! Un inquisiteur ne fait pas recours à la raison. Elle est trop compliquée, faute des moyens dont on a parlés. Il utilise l’émotion. Cette arme psychologique qui se justifie par elle-même et qui a l’avantage d’annuler tout recul rationnel sur le jugement des faits.

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