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Algérie: Tourisme et questions

  Par: Ahmed Halfaoui

Les touristes ne viennent pas en Algérie, à part des amoureux du désert et encore, et quelques pieds-noirs nostalgiques du pays de leur naissance et désireux de se recueillir sur les tombes de leurs parents. Tourisme de mémoire, dit-on. Ceux-là, ils viendraient tous, que cela ne serait pas beaucoup pour parler de la mise en route d’une industrie touristique.

Les arabes, qui ont de l’argent, ne viennent pas parce qu’ils préfèrent aller là où ils ne trouvent pas les interdits de leurs pays.

Les Japonais ne viennent pas, on ne sait pas trop pourquoi. Eux qui sont férus de découvertes et avides de photos souvenirs, ils en auraient des provisions de sensations exotiques et de souvenirs. Ils optent, généralement, en masse pour l’Europe et les Amériques. Ce peut-il qu’ils n’aiment ni les arabes, ni l’Afrique ? Aucun sondage n’a été fait en ce sens.

Les Etasuniens ne viennent pas du tout, sauf dans le sud pétrolifère et on tenterait en vain d’en voir un, en dehors des très grands hôtels, traîner dans nos rues ou attablé dans un restaurant en ville (lequel ? Diraient certains).

Quant aux Européens, en général, ils ne doivent même pas, seulement, envisager qu’il est possible de venir chez nous. Personne, de leurs rares connaissances qui, pour une raison ou une autre, nous ont rendu visite, n’a dû leur recommander le coup d’œil. L’argument sécuritaire peut-être. C’est la première piste qui se présente, mais seule, elle ne tient pas trop la route. Car, il n’en venait pas, pour autant, avant les dix ans de violence.

Et puis, il y a le cas de l’Egypte où il y a eu pas mal d’assassinats d’étrangers, sans que le flot s’arrête. Il y a le cas du Yémen, avec ses enlèvements, qui n’a pas empêché que ce pays continue d’être attractif. Quoi alors ?

Certains observateurs pointent du doigt l’absence d’infrastructures d’accueil et de personnel qualifié dans l’hôtellerie et dans la restauration. Auxquels d’autres rétorquent qu’il faudrait que le marché existe pour que cet investissement se fasse et que c’est la contrainte qui crée le comportement « qualifié ». Tout en précisant, que les touristes lambda (les plus nombreux), attentif à leurs sous, cherche un minima qui peut aisément se trouver, même s’ils doivent accepter que le simple fait de pouvoir prendre une bière n’est pas garanti. Mais, ils ne se bousculent pas, pour autant, aux frontières.

Une autre raison serait le manque d’agressivité commerciale de l’Algérie, de ses autorités, de ses opérateurs du tourisme et de sa presse, qui a fait que la destination est boudée ou ignorée, au profit d’autres moins pourvues en richesses culturelles, archéologiques, historiques et géographiques.

Les plus philosophes sont plus pragmatiques. Ils trouvent qu’il faudrait d’abord que les Algériens, eux-mêmes, soient attirés par des voyages et des séjours dans leur pays. Ce qui ne semble pas du tout être le cas, si on excepte l’attrait estival de la baignade en mer ou du camping balnéaire. *

Les plus cyniques vont sans hésiter disséquer la psychologie collective. Les Algériens enferment la joie dans les limites des occasions récréatives et l’excluent de la vie ordinaire, produisant par là l’austérité qui caractérise nos comportements. Les fêtes de mariage, elles-mêmes, seraient codifiées et formatées.

Avec toutes ces approches, on se trouve plus près du pessimisme que d’entrevoir une solution à la répulsivité touristique.

 

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