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Algérie: La culture peut-elle devenir un secteur essentiel de l’economie?


Pour placer l’économie de la culture au carrefour d’enjeux majeurs de développement, d’intégration sociale, d’aménagement urbain et de cohésion territoriale, ll serait indispensable d’impliquer tous les autres secteurs dans la logique de l’économie du savoir créatif et surtout mettre les créateurs au centre de toute politique culturelle tout en rompant avec la culture de la rente.


Cette logique est capable à même de fédérer les autres acteurs économique sur l’objectif de mettre en avant la richesse matérielle et immatérielle du pays en tant que valeur ajoutée. L’industrie et l’économie de la culture est un ensemble d’activités exploitant dans une perspective marchande, l’inventivité esthétique et artistique. Cette définition générique est une première approche, suffisamment large pour inclure des activités aussi variées que les arts du spectacle, l’édition, la mode, le tourisme, l’artisanat, architecture, la publicité ou les sites collaboratifs sur le web. l’Europe demeure un meilleur exemple duquel beaucoup de pays ont en tirer des leçons tout en préservant leur singularité particulière. L’Algérie est un pays continent qui a toutes les capacités pour créer sa industrie culturelle et l’imposer dans le circuit mondial.

Depuis la crise énergétique des années 70 les industries culturelles en Europe n’ont cessé de prendre de l’empleur jusqu’à rivaliser avec l’industrie de l’automobile. Avec des revenus estimés à 643 milliards d’euros et une valeur ajoutée générée ,Elles représentent 4,2% du PIB et plus de 7.1 millions d’emplois sur le vieux continent.


Longtemps considéré comme une activité non essentiel, outil de propagande gouvernementale ou une niche pour bénéficier des subventions de l’Etat pour certains imposteurs; le secteur de culture ne trouvera sa place comme un segment essentielle dans l’éconmie, que lorsqu’il utilisera les références et les instruments de la science économique pour éclairer les modalités d’organisation et de développement de ces activités.

C’est dans ce sens que le Premier ministre algérien promis de faire de la culture un secteur pourvoyeur de richesse et créateur d’emploi. « La Culture devrait être un secteur créateur de richesse et non un fardeau pour le budget de l’Etat » a-t-il déclaré, lors du forum sur la culture placé sous le thème  » La Culture: un investissement sociétal et économique »

Dans son allocution d’ouverture de ce Forum, qui se tient au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal sous le haut patronage du président de la République, M. Djerad a mis en avant « l’impérative de conjuguer les efforts pour faire évoluer la culture d’un secteur consommateur, constituant un fardeau pour le budget de l’Etat, vers un secteur économique producteur de richesses et générateur d’emplois. Un secteur qui contribue à la réhabilitation de l’Algérie dans le système mondial du tourisme ».



Le renforcement de la production intellectuelle, culturelle et artistique économique au service du développement est un objectif escompté par l’Etat à travers l’exploitation optimale de l’économie de la culture qui génère des fonds conséquents en termes de recettes et crée des millions de postes d’emploi dans le monde, a-t-il fait observer.

Soulignant la disponibilité de l’Etat à soutenir l’investissement, notamment privé, afin d’aller vers la création de grands espaces culturels, le Premier ministre a mis l’accent sur la nécessité d’investir dans le rapport étroit entre la Culture et le développement du tourisme, à travers un contenu culturel qui valorise le patrimoine, les sites archéologiques, les musées et les villes antiques.


Cette entreprise implique une stratégie judicieuse qui garantit les conditions de réussite en vue d’atteindre un développement durable, à commencer par l’investissement dans l’infrastructure et la qualification des ressources humaines, a-t-il assuré..


Il a rappelé certaines mesures prises par le Gouvernement en application du programme du président de la République, citant notamment l’appui aux producteurs cinématographiques et culturels et l’encouragement des compétences nationales dans ce champ. Il a fait état, en outre, du soutien de la création d’infrastructures pour l’industrie cinématographique et du théâtre (studios et salles de spectacles), le renforcement des activités culturelles en milieu scolaire et la garantie d’un climat propice à l’innovation artistique.

Salle des Expositions du palais de la Culture Moufdi Zakaria Alger

Dans le même sens, le Premier ministre a mis en avant l’ouverture de chantiers de la recherche archéologique dans les sites qui ont connu de nouvelles découvertes (au nombre de 23) et la prise des mesures urgentes pour la protection des biens culturels découverts ou restaurés, en sus de l’exploitation économique des sites archéologiques et des monuments historiques, telle l’expérience-pilote au niveau de la citadelle d’Alger.

L’accompagnement de l’Etat aux producteurs et associations culturelles, auxquelles une enveloppe de plus de 154 millions de DA a été allouée en 2020, le soutien de la production cinématographique de longs et courts métrages et de films documentaires, la subvention au profit de 75 œuvres de théâtre, de musique et de Beaux-Arts et l’encouragement de 64 associations culturelles ont également été rappelés par M. Djerad.

M. Djerrad a évoqué le parachèvement de la loi régissant les relations de travail entre les gestionnaires des théâtres et les artistes, « un grande avancée », a-t-il ajouté affirmant que le Gouvernement a mis en place « un programme réaliste » et des mécanismes à même d’ériger l’Algérie en « pôle de rayonnement culturel et de tourisme spirituel au niveau international ».

Le musé de d’art contemporain: Alger

Les professionals Plaident pour la levée des obstacles à l’investissement culturel


Des professionnels de la culture, réunis samedi à Alger, ont proposé plusieurs solutions à la relance de la création et l’investissement culturel à travers la levée des obstacles légaux et contraintes administratives rencontrés par les porteurs de projets.

Intervenant à cette occasion, le cinéaste et producteur Belkacem Hadjadj, a suggéré la mise en place d’un « comité intersectoriel » qui aura pour charge de prendre en compte les projets liés à l’investissement dans le secteur culturel. 

Ce comité, composé de plusieurs ministères, contribuera à résoudre toute problématique entravant l’aboutissement des projets culturels, a-t-il expliqué, soulignant que l’industrie cinématographique et télévisuelle demeure « la locomotive » de la relance culturelle en Algérie.

Relevant un manque de structures de production et de post-production cinématographique comme les studios de tournage, Belkacem Hadjadj estime que la création artistique se heurte à des mécanismes de blocage.


Ce cinéaste, également membre également  représentant de l’Association des producteurs algériens de cinéma (Apac), a appelé aussi à améliorer la formation qui, dit-il revêt une importance capitale pour la relance culturelle et cinématographique. 

Pour sa part, Ryad Ayadi, représentant de MD-ciné, une entreprise spécialisée dans la distribution cinématographique, suggère des mesures incluant des  facilités fiscales et législatives pour inciter les porteurs de projets à investir dans l’industrie du cinéma en leur accordant des avantages fiscaux, parafiscaux et fonciers.

Fatah Kezzim, expert en entreprenariat, a, quant à lui, appelé à la création de mécanismes d’accompagnement « opérationnels »  des projets culturels et d’un incubateur institutionnel dédié à l’entreprenariat dans le but, de rendre le produit culturel « économiquement rentable ».

Présent à cette rencontre, le président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), Rédha Tir, a relevé l’existence d’ « obstacles légaux » et d’entraves au financement de projets culturels, appelant à ce propos à les surmonter pour encourager l’investissement culturel.

Au terme de ces interventions, la ministre de la Culture et des Arts, Mme Malika Bendouda, a affirmé la « volonté politique pour relancer l’industrie cinématographique et inciter l’investissement dans le secteur culturel ».

Rappelant les mesures prises par son département en partenariat avec d’autres ministères, Mme Bendouda a assuré que les propositions des professionnels seront prises en considération pour envisager une « véritable » relance de la création et de l’investissement dans le secteur culturel.

Organisé par le ministère de la Culture et des Arts en partenariat avec le CNESE, le Forum de l’économie culturelle se poursuit jusqu’à lundi avec des conférences en lien avec l’entreprenariat dans le secteur en plus d’ateliers sur le financement et la commercialisation des produits culturels.

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