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Russie-OTAN: Macron Tombe dans le piège russe

Le départ hâtif du président Russe à l’issu de la conférence de presse, laissant à plusieurs mètres derrière lui son homologue français ont suscité les interrogations. Et ce n’était manifestement pas les seule signe visible. s’ajoute à cela la réponse verbale et le langage corporel de Poutine, suivis du démenti du Kremlin à l’Elysée qui a affirmé qu’Emmanuel Macron était parvenu à arracher à Vladimir Poutine la promesse que la Russie « n’entreprendra pas de nouvelles initiatives militaires, laisse comprendre que le premier voyage du chef de l’Etat français et président de l’UE à Moscou, a tourné au fiasco en dépit de son enthousiasme affiché.
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Par: AHMED ZAKARIA


Le président russe Vladimir Poutine a rencontré lundi son homologue français Emmanuel Macron en visite à Moscou pour discuter de la crise ukrainienne et de la question de sécurité en Europe. Le chef du Kremlin semblait plutôt pressé d’en finir ayant trouvé ses revendications, non satisfaite, à savoir une réponse américaine écrite quant à l’expansion de l’OTAN aux frontières de son pays et le retour de Kiev aux accords de Minsk. Deux immuables conditions pour tout accord possible, assure Poutine.

Pourtant, la fameuse chaîne BFMTV croyait fermement que le Président français « avait l’oreille du chef du Kremlin », mais la réponse verbale et le langage corporel de Poutine, suivis du démenti du Kremlin à l’Elysée qui a affirmé qu’Emmanuel Macron était parvenu à arracher à Vladimir Poutine la promesse que la Russie « n’entreprendra pas de nouvelles initiatives militaires, laisse comprendre que le voyage du chef de l’Etat français et président de l’Union à Moscou, avait tourné au véritable fiasco.

Il était remarquable depuis le début de la réunion, que les deux présidents s’étaient tenus éloignés l’un de l’autre alors même que Macron entrait dans la salle dans laquelle Poutine l’attendait, et les deux présidents étaient assis de chaque côté d’une table blanche avec une longue distance entre eux. Les vidéos qui ont été publiées sur la rencontre de Macron et Poutine ont montré que la salle était vide, même de traducteurs. S’ajoute à cela, le départ hâtif du président Russe à l’issu de la conférence de presse, laissant à plusieurs mètres derrière lui, son homologue français.  Et ce n’était manifestement pas les seule signe visible …

En effet, à l’issu de plusieurs heures de discussions, les deux dirigeants ont offert une conférence de presse au cours de laquelle aucune avancée ou de concession n’ont été évoquées, sauf que Moscou, reparlera de ce que le dirigeant français parviendrait à arracher à Kiev. 

Cette conférence de presse n’était donc qu’une occasion de plus pour Vladimir Poutine, de de lancer une réprobation contre ce qu’il a qualifié de « l’OTAN pacifique » au long passif guerrier auquel ses membres ont participé.

N’épargnant pas son hôte par la réprimande, Poutine et en réponse à une question d’un journaliste français, a ouvertement demandé si les français étaient prêts à défendre Kiev si cette dernière entrerait en guerre contre la Russie. Faisant allusion à l’article 5 de l’Alliance Atlantique : « Que va-t-il se passer ? Il y aura la guerre entre la Russie et l’OTAN ? « Les capacités militaires de l’OTAN et de la Russie ne sont pas comparables, même si la Russie est une super puissance militaire, une super puissance nucléaire. Il n’y aura pas de gagnant », a fait remarquer Vladimir Poutine, notant toutefois que ni lui-même ni le président français Emmanuel Macron ne souhaitaient une telle issue, a-t-il conclu, en faisant allusion que cette guerre n’est pas celle des européens mais celle des Etats-Unis
 

Le président russe a dans la même lancée, assuré que les préoccupations essentielles de la Russie en matière de sécurité ont été ignorées par les Etats-Unis et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), alors que cette dernière « tente de faire la morale à la Russie sur le lieu et la manière de placer ses forces armées », a-t-il rappelé.  Il a suggéré plus tard à ce propos, que la politique de la porte ouverte prônée par l’Alliance atlantique pour l’adhésion de l’Ukraine « est une interprétation plutôt vague du principe fondamental de la sécurité indivisible qui profite exclusivement aux États-Unis et éventuellement à un autre membre de l’OTAN ».  A l’issu de la conférence de presse MM. Poutine et Macron sont convenus de s’entretenir par téléphone après la visite de ce dernier à Kiev ce mardi.

« Paris n’est pas le bon interlocuteur, il ne dirige même pas l’Otan »


Comment La Russie tente-elle de contenir l’OTAN. Image TRT

A peine Macron ayant quitté Moscou pour Kiev, L’Elysée et le Kremlin ont repris de plus belle, la diplomatie à coup de communiqué interposés. Le gouvernement français avait annoncé lundi soir, qu’Emmanuel Macron était parvenu à arracher à Vladimir Poutine la promesse que la Russie « n’entreprendra pas de nouvelles initiatives militaires« . Quelques heures plus tard à peine, le Kremlin a non seulement démenti catégoriquement, mais a également souligné que la « France n’était pas le bon interlocuteur, elle ne dirige même pas l’OTAN »

En gros, « c’est faux ». Moscou et Paris ne pouvaient conclure aucun pacte. « C’est tout simplement impossible », a déclaré le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, aux journalistes.

« La France assure la présidence des pays de l’Union européenne. La France est membre de l’OTAN, dont Paris n’a pas le leadership. Dans ce bloc, la direction est détenue par un autre pays. De quels accords pouvons-nous discuter ? « , s’est interrogé le porte-parole du Kremlin à la nouvelle d’un prétendu pacte« . a tenu à rappeler Peskov

Le bureau de l’Elysée a dû revenir sur cette annonce par la suite, indiquant que le responsable à l’origine de cette affirmation, « mentionnait des points qui avaient été abordés par Macron et Poutine, plutôt qu’une nouvelle promesse spécifique du dirigeant russe ».

Macron a rencontré Poutine à Moscou dans le cadre d’une tournée diplomatique qui comprend une autre rencontre ce mardi avec le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky. Cette visite à Moscou s’est déroulée parallèlement avec celle du Chancelier Allemand Olaf Scholz à Washington, beaucoup plus préoccupé par l’approvisionnement de son pays en gaz via le Gazoduc russe Northstream2, que le président Biden utilise comme carte de pression dans ses négociations musclées avec Poutine.

Tous les observateurs avertis estiment que le principal moteur de ce conflit réside dans la question de l’approvisionnement de l’Europe en gaz naturel.

Dès la dissolution de l’Union soviétique, l’Allemagne s’était empressée de soutenir l’adhésion à l’UE de la Hongrie, de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Pologne, des pays baltes, ainsi que de la Pologne et les lier économiquement à l’Europe. Cela lui a permis de créer une zone tampon stable entre elle et la Russie. Les différents chanceliers qui se sont succédés à la tête de ce pays estiment imprudent que d’appeler au boycott du gaz Russe et le remplacer par le gaz liquéfié américain ou qatari par du gaz russe. D’ailleurs après avoir réalisé le North Stream1 l’Allemagne a tout fait pour capoter le projet South Stream au détriment de l’Italie. Cette approche adoptée réalisée durant le règne d’Angela Merkel a pu mettre l’Allemagne dans une position un peu plus confortable par rapport aux russes et au américains.

Il apparaît clairement que les pays de l’Union Européenne qui ont longtemps traité en ordre dispersé, cette question stratégique, se retrouvent coincés entre le marteau de Washington et l’enclume russe. Cela est d’autant plus manifeste à travers les nuances entre les déclarations destinées à l’adresse des citoyens de leurs pays respectifs et celle destinées à l’international.

En suivant ce que relayent les médias de l’OTAN, l’ont constate une position européenne claire, du rejet de toute prétendue « invasion » par la Russie des terres ukrainiennes, et un accord résigné au sein de la « maison » européenne avec l’allié américain. C’est en grande partie vrai ; Personne en Europe ou ailleurs, ne veut de renversement dans la situation sécuritaire, ou l’expansion du contrôle russe sur l’Ukraine, mais en examinant comment relever ce défi, et les mécanismes pour traiter avec la Russie en général, l’ont découvre qu’il existe plusieurs différences des positions au sein de l’Union européenne qui n’est pas unie sur un mécanisme de travail.

Ce fait laisse de moultes interrogations sur l’avenir de la souveraineté de cette union, compte tenu de sa subordination à l’OTAN en général, et à la politique américaine en particulier. L’Europe ne se retrouve-t-elle pas coincée entre deux parties d’un conflit économique sino-américain, et un autre conflit armé russo-américain dont elle en sera la seule à en payer le prix, économiquement et militairement, comme cela était au 20e siècle à travers les deux guerres mondiales.

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